Le petit Albert

Hier soir , je suis allée au théâtre, j'y ai rencontré Framboiz que j'avais rencardé sur le spectacle vu qu'une amie m'avait donné toutes les garanties d'un très bon spectacle. Je ne fus pas déçue, ni par Framboiz ni par la pièce. Des surprises, des peurs, des interrogations mais surtout des rires, beaucoup de rires, à en pleurer parfois. Très bon spectacle

Imaginez cinquante personnes, je crois , on entre tous dans une pièce sombre , une odeur d'eau de javel, une longue, longue table, des bancs, on s'installe, un homme arrive, le spectacle commence: Tom nous raconte tout de son univers avec ses mots à lui pas forcément les notres

 

Le P’tit Albert est une très libre adaptation de la nouvelle de Jack London écrite peu de temps avant sa mort : Told in the drooling ward (1914).

Adaptation , mise en scène et interprétation: Jean-Marie Frin

Tom a vingt-huit ans, dit-il. Il pourrait sans doute et tout aussi bien en avoir trente-deux ou trente cinq. Il est sans âge, il a du arrêter de compter il y a longtemps. De même, il ne sait plus très bien depuis combien de temps il est enfermé dans cet asile. Un asile comme tant d'autres. Un asile du siècle dernier. Mais n'est-ce pas toujours un peu le siècle dernier dans ces endroits-là ? Tom est très bien là. Ceci dit , n'allez pas croire , lui, il n'est pas fou. Pas le moins du monde. Il entend tout, voit tout, comprend tout, a un avis sur tout. Mais chut! N'en dites rien à personne. S'ils l'apprenaient, les médecins seraient capables de le remettre dehors. Et dehors, que deviendrait-il , Tom, sans le petit Albert ?

Dans le "petit" Albert, Jean-Marie Frin joue seul, mais en complicité toute particulière avec le public qu'il met en scène, interlocuteur indispensable de son monologue.

Avec le texte de Jack London, l'auteur-interprète a construit lui même, on peut dire crée, un personnage qui porte la double hérédité d'une lecture de première force et d'un exceptionnel travail d'acteur.