Un bref résumé pour se rafraichir la mémoire..

Matt Bullman est un jeune journaliste américain dont le père, John, vient de mourir. John est un vétéran du D-Day, un véritable héros de sa compagnie. Avec effroi, Matt s'aperçoit que la maison familiale était sur écoute depuis des années. A la lecture du testament, Matt découvre un message codé qui l'envoie retirer un coffre dans une banque suisse, sur un compte ouvert pendant la Libération. Il découvre à l'intérieur un journal et une bague mystérieuse. Son père raconte comment il l'a découverte, et la crainte que le bijou lui inspire.

Inquiet, Matt sort de la banque pour être pris en chasse par une équipe du tueurs. Il échappe au guêt apens par miracle. Revenu aux USA, un ami professeur d'histoire l'oriente vers un confrère âgé, et un peu excentrique. Dès qu'il lui présente l'objet, le vieil homme s'anime et lui révèle que la bague est la propriété d'une confrérie occulte appellée le Vril...

16

Uwe avait garé la voiture sur un petit espace dégagé au cœur de la forêt. Elle était ainsi invisible depuis la route en contrebas. Le journaliste n’avait pas été très difficile à suivre, malgré ses fréquents regards en arrière. Il avait remarqué son manège lorsqu’il s’était arrêté à la station-service, aussi avait-il poursuivi son chemin pour l’attendre un peu plus loin. Le retrouver avait été aussi un jeu d’enfant. Les bases de données à sa disposition mentionnaient l’adresse de l’appartement de son amie, dont il avait eu les photos et l’identité après sa visite au domicile du vieux Bullman. En fermant son Audi à clé, il souriait dans l’obscurité, à l’abri des frondaisons de la forêt. Un amateur, comme ce crétin de banquier qu’ils avaient recruté, aurait été repéré de suite par cet homme sur le qui-vive, mais lui-même était un professionnel, habitué à se fondre dans la masse depuis des décennies, depuis le jour où il avait rejoint la confrérie. A l’époque, il n’était qu’un jeune délinquant sans avenir. Le Maître lui avait tendu la main, et lui avait offert un idéal qu’il partageait tout autant que lui. La contrepartie avait été lourde. Il lui avait fallu renoncer à tout contact avec sa famille, comme abandonner l’idée d’en fonder une. S’il était permis de s’éclater avec des prostituées ou des filles de passage, ce dont il ne se privait pas, il lui était interdit de fréquenter régulièrement une fille. Cela ne lui avait pas manqué, et lui convenait parfaitement. La quête était prioritaire sur les besoins individuels, ce qu’il comprenait tout à fait. Qui était-il, lui, pour oser formuler des vœux futiles devant la magnificence de leur tâche ?

En enjambant le mur d’enceinte, depuis lequel il avait vu disparaître Bullman dans la grande maison bordeaux, il repensa à Peter. Ce crétin ne croyait pas en notre cause, il ne pensait qu’à amasser le maximum de fric, jugea-t-il. Il ne regrettait pas qu’il soit mort, lui et ses acolytes. Il mettait en danger la Confrérie avec ses erreurs et les traces toujours plus nombreuses qu’il laissait derrière lui. Il lui avait pourtant été demandé de faire preuve de discrétion et de patience. Au lieu de cela, ils allaient avoir les flics suisses aux fesses encore un bout de temps. Heureusement que quelques frères étaient suffisamment haut placés pour leur retirer cette épine du pied en douceur. Pour amortir sa chute depuis le sommet du mur d’enceinte, il plia les genoux au contact du sol, juste avant de finir sa course en roulé-boulé, les sens aux aguets. Il avait compris que les chiens qu’il avait entendus n’existaient pas, néanmoins, il restait prudent. Il resta courbé ainsi quelques secondes avant de se relever lentement et d’avancer, sous le couvert des arbres de la propriété. Il constata avec bonheur qu’il n’avait pas trop oublié l’entraînement intensif qu’il avait reçu juste après son intronisation. Ses muscles avaient gardé de bons réflexes, malgré le poids des ans qui commençait à arrondir ses traits. Depuis qu’il était employé en qualité de chauffeur et de garde du corps du Maître, il avait moins souvent l’occasion d’entretenir sa forme, mais il tenait à s’exercer au moins une fois par semaine, en des séances de plusieurs heures de course, d’exercices de musculation, et corps à corps, ce qu’il préférait par-dessus tout. Peter ne cessait de se lamenter de n’être chargé que des basses besognes. Uwe y avait eu droit avant lui pendant de longues années, souvent faites de surveillance et de filatures, avant que l’action reprenne ses droits. Ils n’avaient jamais été aussi près du but. Il se mit à courir à petites foulées, essayant de réduire le crissement de ses chaussures sur la neige. Il se dirigeait vers les fenêtres allumées du rez-de-chaussée, où il avait pu apercevoir des silhouettes évoluer. D’après ses renseignements, glanés depuis la voiture, l’homme dont le nom était écrit sur la plaque de l’entrée était un professeur d’histoire réputé. Il avait appris qu’il était un de ces sales Juifs rescapés d’Auschwitz, et il tremblait de rage à l’idée de le voir si bien installé sur le sol américain, bien plus confortablement que lui, l’héritier d’une race de vainqueurs. Il était trop jeune pour avoir participé à la guerre, et à l’épuration, mais il aurait aimé être de la partie, et il écoutait religieusement le Maître quand il évoquait cette période faite d’espoir. Ce dernier lui avait toutefois recommandé de ne pas intervenir, mais juste d’observer et de relever ce qu’il se passait. L’enjeu était trop important pour risquer une nouvelle fois de tout perdre pour l’élimination d’une vermine de Juif. Et puis, il ne voulait pas subir à son tour le sort de Peter pour avoir désobéi aux ordres.

Il arriva sans encombre en-dessous de la vitre donnant sur le séjour. Pour reprendre son souffle, il resta quelques secondes assis dans la neige, contre les soubassements de la demeure. Puis, avec précaution, il souleva la tête jusqu’à un rebord en béton, par-dessus lequel il bénéficiait d’une vue imprenable sur la pièce. Un feu de cheminée crépitait sur la gauche, et il pouvait sentir la douceur qu’il rayonnait autour de lui. Il retenait sa respiration pour éviter de lâcher dans l’atmosphère trop de nuages de vapeur lorsqu’il exhalerait. Une vitre couverte de buée trahirait sa présence comme s’il avait un gyrophare au-dessus de sa chevelure. Le Maître lui avait répondu énigmatiquement lorsqu’il lui avait dit que de toute manière, avec ses traces de pas dans la neige, ils sauraient qu’ils avaient eu de la visite. Le vieil homme était parti d’un rire gras en disant que c’est ce qu’il recherchait, pour accentuer la pression sur Bullman. Il était convaincu que le jeune journaliste était un poltron, vu sa réaction lorsque Peter le suivait à Zurich. « Voir et attendre » avaient été ses seules consignes. Bullman et le vieux étaient penchés sur une table, en train d’examiner un livre ouvert. Le sang se mit à battre à ses tempes quand il vit la bague dans les mains de Matt.

- Te voilà enfin sortie au grand jour, murmura-t-il. Tu vas très bientôt revenir auprès de nous.

Un sourire s’étirait sur ses lèvres. Il avait hâte de confirmer la nouvelle aux autres. A l’aide de son téléphone portable, il prit quelques photos de la scène, et du visage du professeur en particulier. Il eut même un frisson de joie lorsqu’il réussit à zoomer suffisamment sur la bague, et en tirer une image assez claire pour l’identifier par la suite. Il ne pouvait s’empêcher de penser combien il serait facile de la récupérer dès maintenant. Les deux hommes n’étaient pas armés, il soupesait lui-même son arme, glissée dans sa poche. Toutes les conditions étaient réunies pour un coup d’éclat rapide, grâce à l’effet de surprise. Bullman ne devait pas s’attendre à avoir été suivi. Sans plus réfréner son impatience, il fit demi-tour, et courut avec précautions vers le mur d’enceinte qu’il avait franchi. Il n’avait plus que quelques dizaines de mètres avant de pouvoir se dissimuler à l’abri des regards sous les premiers arbres, lorsque son pied heurta violemment un objet dur. Il partit dans un vol plané au-dessus du sol, et finit par atterrir deux mètres plus loin, le nez dans la neige. Alors qu’il était encore couché, il entendit un bruit de verre brisé, qui résonna dans ses tympans comme les trompes de l’enfer.

Il s’appuya douloureusement sur un coude en jurant. Il était furieux après lui, et se maudissait dans sa langue natale pour sa maladresse. Il tourna la tête pour voir l’objet dans lequel ses pieds s’étaient entravés. Il s’agissait d’une petite serre, entourée d’un coffrage en béton. L’une des vitres était brisée, là où ses Rangers s’étaient enfoncées, découvrant un carré de terre nue et gelée. L’épaisse couche de neige, balayée par les vents, l’avait masquée à sa vue, et il ne s’était pas attendu à en rencontrer une ici. Il palpa par-dessus son pantalon les contours de sa cheville, douloureuse depuis quelques secondes. Il grimaçait pendant qu’il la frictionnait pour faire affluer le sang dans ses veines. Elle était à coup sûr foulée, pensait-il. Un rectangle de lumière jaune se découpa soudain sur le sol. Les deux hommes qu’il espionnait se tenaient sur le perron en fouillant les alentours du regard. Il entendit l’exclamation de surprise que le vieil homme poussa en le désignant du doigt. Deux choix s’offraient à lui, le faisant un instant hésiter sur la conduite à tenir. Soit il les éliminait pour les réduire au silence, soit il tentait de s’enfuir. Il ne comprenait pas l’issue de ce jeu de chat et la souris auquel jouait son Maître, mais il craignait sa fureur s’il rentrait en annonçant la mort des deux hommes. Elle serait certainement sans bornes, et il savait que sa propre vie finirait sur-le-champ si le cas se présentait. Bullman s’approchait déjà dangereusement de lui, à grandes foulées. Sa décision devait intervenir rapidement, et il choisit celle qui semblait la plus évidente. Il se releva péniblement, en geignant, et se mit à courir entre les arbres, aussi vite que sa cheville le lui permettait. Si Bullman le rattrapait, il serait toujours possible de revoir sa position. Uwe entendait pendant la course les pas du journaliste qui écrasaient la neige dans son dos. Il n’était pas très loin, et il avait l’impression qu’il se rapprochait imperceptiblement de lui. Il louvoyait en boitant entre les buissons, en serrant les dents. La douleur s’intensifiait jusqu’à devenir intolérable. A l’abri d’un chêne, il perdit quelques précieuses secondes à resserrer très fort les lacets de ses chaussures pour maintenir fermement son pied. Sa tête tournait en tous sens pour chercher une issue. Lorsqu’il repartit, Bullman n’était plus qu’à une dizaine de mètres de lui. D’un passage de la main, Uwe essuya la pellicule de sueur qui s’était accumulée sur son front, et s’accroupit rapidement sous les branches d’un sapin en regardant en arrière. La maison était désormais illuminée de mille feux, mais elle était suffisamment lointaine pour ne pas éclairer ses traits avec précision. Les différents rais de lumière étaient toutefois parcheminés par les frondaisons du bosquet. Ils offraient une aura irréelle à la traque. Ne percevant plus les pas de l’Allemand, Bullman ralentit brusquement sa course. Depuis sa cache, Uwe le voyait évoluer lentement en examinant les alentours. Il savait qu’il n’avait devant lui qu’une poignée de secondes avant d’être découvert. Le sang battait à ses tempes, et son cœur s’était affolé. Il tentait avec difficultés de contrôler sa respiration pour limiter les nuages de vapeur qui s’envolaient de sa bouche. La douleur dans sa cheville s’était muée en des élancements insupportables. En se déplaçant pour mieux se protéger de la lumière., il sentit sous ses doigts la consistance dure et glacée d’une pierre, lovée contre le tronc de l’arbre. Sa main s’en empara sans réfléchir, et il guettait le moment propice. Il la projeta aussi loin qu’il le put lorsque Bullman tourna la tête dans une autre direction. Elle retomba avec un bruit mat, assourdi par le matelas de neige, une vingtaine de mètres plus loin. L’Américain s’était figé, les sens aux aguets. Il s’éloigna du sapin, au grand soulagement d’Uwe. Sans attendre qu’il se rende compte du subterfuge, il détala rapidement dans la direction opposée. Aussitôt, il entendit des cris rageurs dans son dos, avant que la poursuite ne reprenne.

Il avait gagné un peu d’avance sur Bullman. Il apercevait déjà la petite grille qu’il avait repérée, située sur le côté de l’entrée principale. Il la savait verrouillée, mais le cadenas ancien et oxydé ne résisterait pas à un coup d’épaule bien senti. Il résista à la tentation de sortir son arme et de tirer dessus. Contrairement à ce qu’on voit dans les films, pensait-il, il est plus dangereux qu’autre chose de tirer sur une serrure pour la faire sauter. Au mieux, on la perfore sans la détruire, au pire, la balle nous est renvoyée en pleine gueule. Avec étonnement, il s’aperçut qu’il n’y avait plus de bruit derrière lui. Soit Bullman l’avait perdu, soit il avait abandonné. Après tout, il n’avait plus le temps de s’en préoccuper. Il avait hâte de se sortir de ce traquenard. Comme prévu, la grille céda sans encombres, et propulsé par son élan, il se retrouva couché sur les flancs à l’extérieur de l’enceinte. Il se redressait déjà pour courir le long du mur quand la voix de Bullman retentit en face de lui.

- Stop ! C’est fini, vous allez me suivre.

Uwe grimaça. Un masque de haine recouvrait son visage, alors que ses yeux se posèrent sur l’Américain. Ce dernier ahanait et peinait à recouvrer un rythme de respiration normal. Il se tenait les côtes de ses deux mains, mais malgré sa posture, Uwe devinait qu’il était résolu, mais pas autant que lui, pensa-t-il. Il ne répondit pas, se contentant de s’épousseter avec dédain. La pénombre était presque totale derrière la paroi de pierre, il se tourna pour positionner le peu de lumière dans son dos.

- Mettez vos mains sur la tête, on retourne à l’intérieur.

Uwe ricana. Il s’était déjà emparé de son automatique, qu’il sortait lentement de sa veste.

- Vous êtes audacieux, Monsieur Bullman. Au cours de ma carrière, il m’est arrivé rarement d’être repéré, et encore moins poursuivi comme vous l’avez fait. Voyez-vous, en principe, tous mes ennemis savent que je ne voyage pas les mains vides.

Il vit le journaliste se raidir lorsqu’il pointa le canon de son arme sur son front. Spontanément, il leva les mains et foudroya Uwe du regard.

- Vous êtes celui qui m’a poursuivi en Suisse, c’est ça ?

Plus qu’une question, Uwe devinait qu’il s’agissait d’un besoin de confirmation. Il décida de jouer la sincérité.

- Non, il s’agissait d’un autre homme.

- Mais vous bossez pour le même employeur, n’est ce pas ?

- Disons… Qu’on avait des intérêts communs…

- « Avait » ?

- Oui, il est mort, vous ne le verrez plus… Il a agi comme un imbécile en essayant de vous tuer, et nous l’avons sanctionné, en quelque sorte.

- Mais qui êtes-vous, à la fin ? Vous avez surveillé mon père pendant des années, vous me traquez à mon tour !!! A quoi sert cet anneau ?

- Je ne peux pas vous le dire, mais vous avez en effet quelque chose qui appartient aux hommes que je représente. Un objet d’une importance considérable qu’il nous faut récupérer. Voyez-vous, Matt -si vous permettez que je vous appelle comme cela- vous avez mis le doigt sur une entité plus forte que vous. Je suis venu vous conseiller de coopérer.

- Si vous êtes si forts que ça, pourquoi ne pas venir le chercher maintenant ? Votre saloperie de bague est ici, n’ayez pas peur !

La tentation était grande, mais Uwe tenait à respecter les ordres du Maître.

- Non, pas comme cela, et pas maintenant.

La voix apeurée du professeur Silberman vint perturber leur conversation. Sans un mot de plus, Uwe baissa la garde, et partit en recommandant à Bullman de cesser de le suivre. Il était pressé d’arriver à la voiture, et il craignait que le vieil homme n’ait pris le temps de prévenir la police. Lorsqu’il disparut à leur vue, il prit ses jambes à son cou, et rejoignit en boitillant sa voiture. Couvert de trouille, Bullman ne l’avait pas suivi. Il démarra rapidement et reprit le chemin de la nationale. Il était couvert de sueur, et il sentait ses jambes trembler compulsivement. Il vit sans les voir les véhicules qui le croisaient, et il ne se détendit que lorsqu’il arriva sur l’autoroute.

Un peu plus tard, il apprit la nouvelle à son Maître sur le téléphone satellitaire qu’il lui avait fourni. La ligne était sécurisée, et provenait d’un stock militaire. Uwe frissonna quand il comprit que les derniers développements ne l’enchantaient guère, mais il lui donna de nouvelles consignes. Contraint à agir différemment, et contre toute attente, il donna le signal indiquant qu’il était temps de passer à l’action. Uwe sentait monter en lui les bouffées d’une excitation extrême. Ce pour quoi il s’était battu, entraîné si durement, était enfin à portée de mains. Il raccrocha avec respect, comme si le Maître l’observait, puis composa un numéro qu’il lisait sur un paquet de cigarettes. Ce numéro n’était connu que d’une poignée de personnes sur toute la planète, et son propriétaire en changeait régulièrement. Ce dernier décrocha rapidement, mais ne parla pas. Uwe était quelque peu intimidé, tant la réputation de cet homme, si l’on pouvait le nommer de la sorte, n’était pas usurpée. Celui qui lui avait conseillé de le contacter lui avait fait un récit exhaustif de ses exploits. Il prononça dans le combiné les mots convenus à l’avance d’une voix blanche. L’autre approuva d’un grognement.

- On a besoin de vous pour la cible désignée.

- Quand ?

Le ton était robotique, déformé sans doute par un de ces appareils brouilleurs, ou un de ces jouets prisés par les gosses qui permettent d’imiter Dark Vador.

- Dès ce soir.

- Où sera-t-elle ?

- Appartement 1712, Immeuble Coldchase, 42ème Rue.

- Des surprises ?

- Non, pas de flics dans le secteur, ni gardes du corps. Juste un vieux vigile à l’entrée. Mais il ne devrait pas poser de problèmes.

- Ca ne risque pas, je suis le problème.

- Pas de casse, on marche sur des œufs. Laissez-le en vie, et occupez-vous uniquement de la cible.

- Pas d’extras, alors ?

- Avec le prix que vous exigez, ça ne risque pas.

- C’est parce que je suis le meilleur que vous payez cher. Avant l’aube, votre cible sera morte.

- J’y compte bien. N’oubliez pas votre mission avant de la tuer, le contrat en dépend. Au revoir.

L’homme avait déjà raccroché. Uwe ne le connaissait que par son surnom, « le Tatoué ». Paraît-il qu’il en est recouvert, se disait-il, mais aussi que peu peuvent encore en témoigner. Comme pour ceux qui connaissent son vrai nom. Il y a de fortes chances pour qu’ils soient tous en train d’en témoigner à Saint-Pierre. Il savait que le tueur avait commencé sa longue carrière en étranglant la jeune fille venue le garder pendant que ses parents étaient en sortie. Le corps était dans un tel état qu’il a fallu avoir recours à plusieurs spécialistes pour l’identifier. Fantasme ou réalité, Uwe n’avait aucune envie de le vérifier. Tout ce qui comptait, c(était qu’il venait de faire entrer un fauve dans l’arène.