Skidamarink Published on March 31, 2008
by Skidamarink

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Chapitre 6

Monday March 31, 2008 at 09:36PM

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6

 

 

 

 

 

De retour dans la rue de la maison familiale, Matt arrêta la voiture en face du perron pour réfléchir. Il se demandait si tenter de déchiffrer à l’intérieur était raisonnable. Après tout, il ne savait pas combien de caméras braquaient leur œil invisible sur lui dans ces murs. Il décidé de continuer son chemin. Lorsqu’il voulait être tranquille pour réviser au cours de sa jeunesse, il se rendait à la bibliothèque. Il en ferait autant aujourd’hui.

Le bâtiment était sur la place principale du village. Il fallait contourner le sapin séculaire, et se garer contre la mairie, dont elle était une annexe. Elle n’était pas aussi imposante et aussi prestigieuse que dans les grandes villes, mais elle lui apporterait la sérénité dont il avait besoin. Comme prévu, les salons d’études étaient presque vides, en cette période de vacances universitaires. Il s’installa dans un coin, près d’un radiateur en fonte qui irradiait une chaleur bienvenue. Il mit en marche la veilleuse mise à la disposition du public et ressortit de sa poche le bristol.

Lorsqu’il était gosse, il jouait avec son père au jeu de l’espion. Il devait décoder des messages secrets fictifs. Bien que son père ne soit pas un champion de cryptologie, il avait parfois l’esprit assez tordu pour que ses énigmes donnent du fil à retordre au jeune garçon qu’il était. Là, il avait de plus en plus le sentiment qu’il ne s’agissait pas d’un jeu, et que s’il échouait, il risquait d’y laisser des plumes.

Les mots tournaient dans sa tête sans trouver un sens cohérent. Je ne serais pas là pour t’engueuler si tu t’inventes une maladie… Cela lui évoquait un souvenir encore douloureux pour ses fesses, plus d’un quart de siècle après. Un copain d’école lui avait communiqué le truc pour simuler une fièvre et éviter ainsi d’aller en cours. Il lui avait conseillé de mettre au point le stratagème la veille d’une interrogation écrite. Il suffisait de poser le thermomètre que ne manqueraient pas de lui fournir ses parents sur une ampoule allumée, par exemple de sa table de chevet. Ainsi, la température montait rapidement, il fallait alors donner le tout aux parents, et simuler les symptômes de la fièvre. L’illusion était parfaite. Matt s’était exécuté le soir même, mais son copain avait oublié de lui faire part d’un détail. Il ne lui avait pas dit qu’il ne fallait pas laisser l’ampoule et le thermomètre en contact trop longtemps. Lorsque son père avait lu la température indiquée, il avait haussé un sourcil et avait appelé sa mère. Matt était anxieux, quelque chose n’allait pas, et il n’aimait pas le regard que dardait sur lui le patriarche.

- Millie chérie…

- Oui, John ?

- Appelle de suite les urgences, il faut hospitaliser Matt.

Sa mère avait porté la main à sa bouche.

- Pourquoi ?

- Si j’en crois ma lecture, ce garçon a une température interne de 43,7 °C.

- Comment ??? Mais c’est impossible !!!

- Oui, en effet, et je pense que quelqu’un nous joue un tour…

Son regard s’était porté sur les yeux de Matt, empreint d’une dureté sans égal. Il n’avait pas eu d’autre choix que de révéler la combine, et d’attendre la sanction qui ne s’était pas fait attendre. Cela aura été une des rares fessées qu’il aura reçu, et plus que les gifles, c’est la déception qu’il avait lu dans les yeux de son père qui lui avait fait le plus mal. Il n’avait jamais recommencé à leur mentir. Avec le lissage que le temps offre à ce genre de choses, Matt souriait à l’évocation de cette sottise de gosse.

Il se demandait encore pourquoi son père, dans ses derniers instants, parlait de cette anecdote, quand un éclair de compréhension lui parcourut l’esprit.

- C’est pas vrai, murmura-t-il… Et si ?...

Il considéra le bristol, et décida de tenter le coup. Après tout, il ne risquait rien à essayer de mettre en application son idée. Il s’approcha du radiateur, et posa le carton dessus. Si son intuition se révélait être juste, il n’aurait pas longtemps à attendre. Elle lui parut tout de même interminable. Un voile gras de sueur commençait à recouvrir son front. Toutes les cellules de son cerveau tentaient de convaincre par télépathie le papier de lui donner raison.

D’abord timidement, puis de plus en plus marquées, des lettres apparurent. Elles recouvraient la surface du bristol. Excité, il se contenait pour ne pas pousser un cri de triomphe. Son père avait ajouté des inscriptions à l’aide d’une encre sympathique, qui réagissait à la chaleur. Il fouilla dans sa poche où il trouva un stylo et un carnet. Ces deux accessoires ne le quittaient jamais, depuis son premier jour dans le journalisme. Il recopia fébrilement les séries de lettres sur une page vierge. Lorsqu’il eut fini, il enleva le bristol de la surface brulante du radiateur et examina ce qu’il avait écrit.

 

AFDVG GAAVF AGFAF GFGDA FDXXV XVDFX AAADD FAFAG AFDDA XFDFV XDFVA FFGFG DFGFA DADDG DGAFG VXVXV VXFAD VAVGD XXVAV XAXAA DGAAG VGG

 

Il contemplait cette série de lettres, quand la porte d’accès à la salle se referma en claquant. Il glissa rapidement sa transcription sous sa main, et retira le bristol du radiateur. Une jeune lycéenne dépassa sa table sans lui accorder un regard. Il attendit qu’elle disparaisse pour reprendre son observation. Il se souvenait vaguement avoir déjà rencontré ce type de séries. Son père avait du un jour lui expliquer comment décrypter des messages codés de ce type. Mais où ?, se dit-il. Il soupira et fouilla du regard les livres sur les rayonnages de la pièce, pour chercher un peu d’aide. Il eut une idée. Il se leva sans bruit et se dirigea vers l’accueil. Une femme dans la force de l’âge, chaussée de lunettes à monture d’écaille retenues par une chainette, le toisait d’un air inquisiteur lorsqu’il s’accouda au comptoir. Elle lui faisait penser à une prof de biologie du lycée qu’il détestait au possible. Ses lèvres semblaient avoir tant l’habitude d’être serrées qu’il aurait probablement fallu un vérin hydraulique et une bonne dose d’imagination pour la faire sourire. Elle avait tout de la bibliothécaire qui ne se sentait bien qu’au milieu de tonnes de papier. Il l’imaginait possessive avec les livres sur les rayonnages, prête à bondir comme un tigre sur l’impudent qui oserait seulement corner une page de l’un d’eux. Il engagea la conversation de son ton le plus amène.

- Bonjour, Madame. Belle journée, non ?

Il prit son grognement comme une approbation, mais cela était sans doute de l’agacement pour avoir été dérangée dans sa tâche mystique. Il continua.

- Hum… Voilà, je suis journaliste, et…

Miracle ! Les lèvres de la femme s’écartèrent pour émettre des sons intelligibles. Encore que le mot amabilité devait être absent de son dictionnaire personnel, se dit Matt.

- Mouais… Pas la peine de me faire du baratin, je suis divorcée, et pas prête de me retrouver avec un mec chez moi à nouveau pour me foutre des chaussettes partout et pisser à côté de la cuvette. Donc, à moins que vous ayez envie de vous trouver une compagne pour la nuit, dites-moi ce que vous cherchez.

Matt faillit éclater de rire. Il se voyait mal draguer un dragon pareil. Surtout en ayant Jessica à portée de la main. Il prit son parti de lui exposer sa requête sans détour.

- Chère Madame, je désire savoir si vous détenez en ces lieux grandioses un traité de cryptologie ou quelque chose du genre, dit-il en minaudant exagérément.

- Mademoiselle !

Elle l’étudia longuement pour tenter de deviner s’il se moquait d’elle. Elle soupira en s’avouant vaincue, et répondit d’un ton sec :

- Allée B, rayonnage 3 ! Remettez-le en place après consultation ! Au revoir !

Puis, elle se détourna et retourna à quelque obscure besogne en haussant les épaules. Matt souriait lorsqu’il cherchait les panonceaux indiquant les références des allées. Il trouva facilement la B, puis le rayonnage qui l’intéressait. Il tomba sur un livre intitulé « Histoire de la cryptologie » qu’il emporta jusqu’à la table d’étude. Il s’assit et sortit de sa poche le papier avec sa transcription.

En étudiant une petite carte fichée dans une pochette plastique à l’intérieur de la couverture, il sut qu’il touchait au but. Les noms des emprunteurs étaient retranscrits à la main, avec la référence interne du livre écrite en rouge. Son père l’avait emprunté un peu plus de deux ans auparavant. Le livre n’était pas de ceux qui tournaient rapidement en prêt, ce qui faisait que la carte était encore loin d’être pleine. Le dernier à l’avoir emprunté était passé il y a plus de six mois. Son cœur se mit à battre plus fort en lisant le nom de son père. A l’ère du tout-informatique, il bénissait cette petite ville qui avait su résister, préférant investir des montagnes de dollars pour chauffer une pelouse que dans un équipement high-tech pour la bibliothèque. Il avançait, il en était certain.

Il parcourut l’index en pointant chaque ligne du doigt. Il était sûr que son père avait déjà utilisée un cryptage similaire au cours de leurs jeux. Il tomba enfin dessus. Il en était sur. Il tournait les pages si vite qu’il manqua les déchirer, puis enfin arriva sur le chapitre qu’il voulait. Son père avait utilisé le chiffre ADFGVX. Le livre expliquait qu’il avait été créé et utilisé par les allemands dès 1918. Les lettres composant le chiffre avaient étaient choisies pour la transmission en morse des messages codés. En effet, leur traduction en morse étaient radicalement différentes l’une de l’autre, évitant ainsi les confusions. Il tenait enfin le chiffre qui ne contient que des lettres, évoqué sur le bristol.

Le guide expliquait que la méthode avait été mise à jour par un militaire français un mois à peine après son application. Elle consistait pourtant en un double chiffrage qui codait chaque caractère dans un premier temps, puis mélangeait ceux-ci d’après une clé convenue d’avance. Matt lut attentivement le principe de chiffrage. D’abord, l’opérateur du Renseignement, traçait un carré découpé de six colonnes et six lignes. On attribuait à chacune d’entre elle les lettres ADFGVX, dans l’ordre. On écrivait dans chacune des trente-six cases les lettres de l’alphabet ainsi que les dix chiffres usuels, dans un ordre établi, ou d’après un mot code. Chaque caractère était donc représenté par un repère symbolisant ses coordonnées dans le tableau.

Matt se pencha sur l’exemple que proposait le livre. Il comprit que la difficulté serait pour lui de trouver le code donnant l’ordre des lettres dans le tableau. Il poursuivit sa lecture. Par la suite, les coordonnées ainsi obtenues étaient mélangées grâce à un autre mot de code, attribué sur d’autres colonnes. On recopiait les A, D, F, G, V, et X en ligne de haut en bas, et de gauche à droite. Ensuite, il suffisait de classer les lettres du mot clé dans l’ordre alphabétique, et de recopier les coordonnées dans ce nouvel ordre. Matt avait du mal à cerner le cœur de la transformation. Heureusement, l’exemple lui permit de mieux comprendre.

 

 

A

D

F

G

V

X

A

A

L

G

 

K

T

D

Y

O

5

C

P

4

F

F

7

H

2

3

Q

G

I

S

B

R

6

U

V

9

E

1

J

D

V

X

W

M

8

X

N

Z

 

 

Il remarqua l’ordre apparemment aléatoire dans lequel l’alphabet était placé. Néanmoins, il comprit que le P était traduit par ses coordonnées « DV ». S’il avait souhaité coder son prénom, cela donnait XD AA AX AX.

Pour la deuxième partie, il choisit d’utiliser le mot CLEF. Il dessina le tableau décrit sur un coin de sa feuille, et recopia les caractères du code.

 

 

C

L

E

F

X

D

A

A

A

X

A

X

 

 

Ensuite, il suffisait de classer les lettres CLEF dans l’ordre alphabétique, et de recopier les colonnes. Sa plume grinça sur le papier, au fur et à mesure de son avancée. Il était excité comme à chaque fois qu’il approchait de la réponse d’un jeu proposé par son père.

 

 

 

C

E

F

L

X

A

A

D

A

A

X

X

 

 

Enfin, il suffisait de recopier les lettres de haut en bas, puis de gauche à droite, soit pour Matt : XA AA AX DX. Il mâchonna un instant son crayon en contemplant le résultat. Il refaisait mentalement la démarche inverse pour décoder le message. Il comprit instantanément que sans le mot-clé de la dernière étape, et sans l’ordre choisi par son père pour aligner chacune des lettres de l’alphabet, il pourrait y passer des jours. Il sortit une nouvelle fois le bristol de sa poche Il avait refroidi depuis son voyage sur le radiateur, et les mystérieuses inscriptions avaient déjà disparu, laissant la place au message original. La réponse était dans ces lignes, il le sentait. Il les relut avec attention, surtout le deuxième passage, qui cachait, il en était persuadé, la réponse à ses questions.

 

Si tu recommençais, tu penseras à mes vieux amis restés en Normandie. L’un d’eux détient la clé du passé, à travers le chiffre qui ne contient que des lettres. La source de la connaissance viendra de mon prénom, accolé à celui qui escaladait avec lui les falaises de la Pointe, amputé de sa queue.

 

Il avait compris le sens du début. Il avait « recommencé » à simuler une maladie, en faisant chauffer sur un point brulant le bristol. Il avait trouvé le chiffre qui ne contient que des lettres. Mais quel rapport avec ses vieux amis morts en Normandie ?, pensa-t-il. Il commença à rédiger son tableau de lettres avec Normandie, puis plages, mais n’y croyait pas trop. Il les raya rageusement. Il ne se souvenait pas que son père ait escaladé la falaise de la Pointe avec qui que ce soit. Il était le premier, lui avait-il raconté. Il était seul. Et il ne comprenait pas pourquoi celui-ci ait eu sa queue amputée. Il se prit la tête dans les mains, ébouriffant ses cheveux depuis les racines. Penché sur le bristol, il essayait mentalement plusieurs combinaisons. La révélation vint d’un regard qu’il portait a travers la fenêtre de la salle.

A l’extérieur, il distinguait le drapeau des Etats-Unis, qui voisinait avec celui de l’emblème présidentiel. Cela le ramena par combinaisons de pensées à ce jour où il admirait le Président Clinton rendre hommage aux Rangers, alors que son père regardait avec tristesse l’horizon, perdu par-delà les plages. L’aigle sur le logo présidentiel lui rappela que son père était surnommé « Eagle » depuis son ascension incroyable. Il faillit sauter de joie sur sa chaise. C’est l’aigle qui l’accompagnait sur les échelles. John Bullman avait toujours dit avoir laissé un autre lui-même là-bas. Il commença à remplir son tableau sur cette nouvelle base, en respectant ensuite l’ordre alphabétique. « Eagle » était amputé de sa queue, puisque les lettres ne pouvaient être répétées. Il se frottait les mains quelques instants pour refréner un élan d’excitation. Il griffonna et contempla le résultat.

 

 

  (normalement, ici, tableau que je n'arrive pas à mettre, malgré une dizaine de tentatives,tant pis... Le voir sur 360 sinon... Là-bas, ça a marché du premier coup... Pour une fois...lol)

Il lui restait à trouver le mot-clé utilisé pour inverser l’ordre des coordonnées. Il élimina les éléments déjà découverts dans le texte. Il ne lui restait que ce vieil ami qui détient la clé du passé, à travers le chiffre. Il fit un effort de mémoire. Son père ne lui avait parlé de presque aucun soldat laissé sur les plages, à l’exception d’un ou deux. Il ne se souvenait pas du nom de cet homme qui tremblait de peur dans la barge de débarquement, malgré ses efforts. Subitement, il trouva. John lui avait bien parlé d’un ami, d’un homme si important pour lui que son fils porterait plus tard le même prénom. Matt Cole, le frère tombé sous les balles allemandes, et première perte choquante pour son père. Il exultait franchement, cette fois-ci. Il aligna les lettres C, O, L, et E dans des colonnes, et les recopia un peu plus loin dans l’ordre alphabétique. Il recopiait nerveusement les lettres selon les instructions du livre, puis les traduisit d’après son tableau. Alors que le message en clair apparaissait sous ses yeux, il devenait de plus en plus médusé. Jamais, au grand jamais, il ne se serait attendu à ça.

Il connaissait maintenant l’usage qu’il devrait faire de cette clé. C’est l’endroit où il devrait s’en servir qui le laissait pantois. Il allait devoir traverser l’Atlantique et retourner en Europe. Il recopia le texte lisiblement, et brula dans une poubelle les morceaux de papier qui lui avait servi à écrire les étapes du déchiffrage. Il attrapa son téléphone portable dans une poche et consulta sur un serveur les horaires des prochains vols long courriers.

En se dépêchant, il aurait encore un peu de temps pour faire sa valise et laisser les clés à Mme Smithers. Il se leva et retourna dans l’allée B pour replacer le livre à sa place. Lorsqu’il passa devant l’accueil, il jeta à peine un regard sur le cerbère à lunettes, sortit et se rua dans sa voiture. Il reprit dans sa main le texte en clair et resta bouche bée un moment. Comment son père avait-il pu ouvrir un compte en suisse ?, ne cessait-il de se répéter. Le message lui brulait les rétines. Sa main trembla si fort que les lettres se brouillaient devant ses yeux. Si bien qu’il le jeta sur le siège passager Il démarra sa voiture et lut une dernière fois le message, comme s’il était sûr de rêver.

 

 

Commerz  Swiss  Bank  Zurich.  Weinbergstrasse. compte  04873257012

 

 

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La Fée Clochette galipette sous la couette.. says:
Ah la la, la suite VITE :):)
Posted 8 months ago. ( permalink )
La Fée Clochette galipette sous la couette.. says:
ok j'suis allée voir le tableau sur 360...ca devient fort palpitant tout cela
Posted 8 months ago. ( permalink / translate )
Mélina says:
Le stratagème du thermomètre me rappelle des souvenirs ! Par contre je n'aime pas la réaction du père de Matt ! Ce n'est quand même pas un incident diplomatique ! J'aurais mieux aimé que tu rendes le père de Matt un peu moins dur avec son fils.
Je trouve le ton de la tirade de la bibliothécaire fort peu adapté à l'idée que l'on se fait d'un vieille fille, bibliothécaire, coincée et bien élevée, surtout qu'elle se fait appeler "mademoiselle".
Par contre, le cryptage, j'adore ! j'ai rien compris mais j'adore !
Allez hop ! la suite !
Merci Skida ! c'est palpitant !
Posted 8 months ago. ( permalink / translate )
Skidamarink replies:
Merci encore précieuse Mélina pour ces conseils... Le père de Matt, je vais le laisser comme ça, et je t'explique pourquoi. Déjà, c'était mon intention, de le décrire comme un homme ayant subis un grave traumatisme plus jeune, et qui voulait de son fils une attitude parfaite. N'oublie pas qu'il né dans les années 20, et qu'il a probablement herité de la rigueur de l'époque. On peut imaginer, bien que je n'en parle pas que l'adolescence de Matt a été parfois conflictuelle avec son père, et que ce dernier a du changer aussi à son contact. Donc, pour cette scène, je ne pense pas modifier...

Pour le dialogue avec la biblio, reveche, divorcée depuis des lustres, et degoutée des hommes. Là, je te suis, ettu as probablement raison. Je vais voir si je peux modifier sa tirade, mais je ne la veux pas bien élevée. Elle n'est pas vieille fille, malgré l'impression que j'ai voulu en donner (avec succès donc...lol), elle a été mariée à un moment de sa vie. Son mari était un macho qui ne foutait rien à la maison, voire crado. Elle, si ordonnée, qui deteste les imprévus de toute sorte, le désordre ne pouvait plus vivre ça, et l"a foutu dehors, avant de demander le divorce. Bien sûr, ils n'ont pas d'enfants, d'où son côté acariatre. Quand à l'éducation, et le langage, je me suis posé la question, puis je me suis rappellé qu'elle vivait à la campagne, terre rude par excellence. C'est ce que j'avais en tête lors de l'écriture. Mais tu as surement raison, le passage a du mal à fonctionner, je le reprendrais avant d'attaquer la suite.

Mon principal souscis aura été l'explication pour le déchiffrage. Je crains ne pas avoir réussi à vulgariser suffisement le procedé... Malgré mes efforts. Je crois que je reprendrais le tout avant d'aller plus loin. La cryptologie est déjà difficile à comprendre, et je ne vois pas comment m'en sortir...
Posted 8 months ago. ( permalink / translate )
Mélina says:
Merci pour tes explications précises et détaillées ! Je suis toujours admirative que tu aies le temps de bosser, écrire, répondre aux comm' et tout cela dans le souci du détail et avec bonne humeur !

Donc, ok pour le père de Matt. J'ai dû, de mon côté, faire un parallèle avec ma propre expérience de la "blague" du thermomètre et la réaction de mon propre père. Il avait en effet, sous des airs mécontents et des sourcils froncés (il les avait très fournis en plus !), finit par reconnaître, non pas l'ingéniosité du stratagème (il avait été enfant avant moi...), mais le courage de la tentative ! (il devait en voir d'autres plus tard.... mais ça c'est une autre histoire).

Pour la bibliothécaire, je trouve que tu devrais (houlala, je m'en permets des choses !!) tenter de jouer sur le côté que tu lui décris dans la phrase suivante : "Elle avait tout de la bibliothécaire qui ne se sentait bien qu’au milieu de tonnes de papier. Il l’imaginait possessive avec les livres sur les rayonnages, prête à bondir comme un tigre sur l’impudent qui oserait seulement corner une page de l’un d’eux".
Il me semble que tu la décris avec trop "humaine". Son mariage raté, son mari limite crado, son divorce devraient justement l'avoir convaincue qu'il n'y a de seul amour que celui des livres, de la poussière, de l'odeur des manuscrits. Cet amour-là, tu peux le tourner de façon à ce qu'il soit perçu comme pathologique et complètement inadéquat, la rendant acariâtre et peu amène.
Quand à son éducation campagnarde que tu as voulu faire transparaître, je ne sais pas.... Je vois plutôt une personne qui a voulu se sortir de sa campagne et devenir quelqu'un. Et quel plus beau moyen de nier sa condition de femme de la campagne en étudiant les "livres" ? Je crois au contraire qu'elle a voulu oublier et refouler ses origines campagnardes à un point que justement elle ne vive plus que pour les livres. Son mari devait trop lui rappeler ce côté peu instruit et psychologiquement pauvre. Son divorce a dû au contraire renforcer son envie d'être au-dessus du lot et de se distinguer. Tout cela sur un mode pathologique, bien sûr, donc exacerbé.

Pour ce qui est du cryptage... pas de panique Skida, je suis une bille dans tout ce qui se rapporte aux chiffres, à la déduction ! Je suis totalement hermétique à toute tentative d'explication... Ne te base donc pas sur ce que je n'ai pas compris.... Ne reprends pas cette partie-là qui est tout à fait explicite !

Toujours est-il que tu fais ce que tu veux de ce que je dis hein ?

Alleeeeeeez ! la suiiiiiiiite !
Posted 8 months ago. ( permalink / translate )
Skidamarink says:
C'est ça qui fait aussi que nos personnages sont crédibles et peuvent sembler rééls. A tout moment, il faut que l'on garde à l'esprit qu'ils peuvent, qu'ils doivent, avoir un point commun avec nous. C'est la cas avec cette histoire de thermomètre. Qui ne l'a pas fait ou n'a jamais songé à le faire ? Ca le rapproche un peu de nous, de nos vies... C'est le but que je recherche. Pour s'interesser à ce qui va lui arriver plus tard (donc à continuer sa lecture, ce qu'on recherche en écrivant quelque part), il faut que l'on puisse s'identifier à ces personnages ou au moins à s'interesser à lui.

Pour la bibliothécaire, tu m'as convaincu. On va devenir des experts en psychologie du rat de bibliothèque... loool... Je dois dire que je trouve ton approche superbe, et je vais modifier tout ça ce soir, enfin quelque part, ce sera pas un gros travail, puisqu'il ne s'agit que d'un personnage mobilier comme je les appelle. J'aurais aussi pouvoir mettre une jeune femme sexy, mais ça ne correspondait pas à l'image que je m'en faisais dans un village perdu au fond des bois... Preuve aussi qu'il faut les soigner, même si leur apparition est courte. Elizabeth George explique qu'avant d'écrire la première ligne de ses livres, elle rédige toujours trois ou quatre pages de profil pour chacun de ses personnages, même secondaires (vie sociale, privée, angoisses, physiques, parcours, enfance, milieu familial, événements marquants ou cause de trauma,...)

C'est peut-être la bonne démarche. Si ça me plait toujours d'ici quelques mois, que je m'en sors, et que ça plait toujours, je devrais essayer cette méthode, elle me séduit. Je travaille de manière moins formelle. J'ai le plan précis, la documentation, mais je "pense" mes personnages, je les imagine, je les vois quand j'écris... J'approfondis peut-etre moins, même si je connais une partie de leur vie...

Pour le cryptage, je ne suis pas objectif. Ado, j'adorais les maths, les substitutions de lettres, les mystères à percer des messages secrets. Je suis technicien de métier, ce qui m'oblige à avoir une certaine approche pour résoudre chaque problème. Je n'oublie pas que ce n'est pas le cas de tout le monde, mais j'ai du mal à vulgariser tout ça... Peut-être avec le temps... J'avoue que j'ai cherché pendant des heures quel cryptage j'utiliserai. Mais soit, ils étaient trop simples et trop connus, ce qui m'aurait semblé inapproprié et peu crédible, vu que les mecs de l'ombres doivent en connaitre un rayon, soit je les trouvais trop compliquées à expliquer. L'un des compromis était celui-ci...

J'ai pas forcément le temps de toujours répondre comme je le voudrais, mais je m'oblige à décrocher de temps en temps et à répondre. Pas toujours avec succès d'ailleurs... Mais bon... Ecrire, je m'oblige depuis peu à le faire tous les jours, même si c pour deux lignes... Pour ne pas perdre le fil, et me donner une discipline. M^^eme avec la fatigue des dernières semaines, ça devient comme un reflexe... Et en plus, ça me permet d'oublier mes journées merdiques, depuis peu.... Et c tant mieux, si ça me sert à ça aussi...

Voilà, voilà... Merci encore !!!! ;-)))
Posted 8 months ago. ( permalink / translate )
Skidamarink says:
Voilà, ça donne ça maintenant... J'espère que c'est mieux.

Miracle ! Les lèvres de la femme s’écartèrent pour émettre des sons intelligibles. Encore que le mot amabilité devait être absent de son dictionnaire personnel, se dit Matt.
- Mouais… Vous n’êtes pas dans un club de rencontre, et je ne suis pas là pour les relations publiques. Dites-moi ce que vous voulez.
Matt faillit éclater de rire. Il se voyait mal chercher à flirter un dragon pareil. Surtout en ayant Jessica à portée de la main. Elle devait probablement plus apprécier la compagnie des livres que des êtres humains. Cette fois-ci, il était persuadé qu’elle les défendrait si quelqu’un ici leur voulait du mal. Ce devait être le genre de femme qui se sentait supérieur aux autres habitants du village parce qu’elle avait la connaissance apportée par les livres. Il prit son parti de lui exposer sa requête sans détour.
- Chère Madame, je désire savoir si vous détenez en ces lieux grandioses un traité de cryptologie ou quelque chose du genre, dit-il en minaudant exagérément.
- Mademoiselle !, rectifia-t-elle sèchement.
Elle l’étudia longuement pour tenter de deviner s’il se moquait d’elle. Elle soupira en s’avouant vaincue, et répondit d’un ton sec :
- Allée B, rayonnage 3 ! Remettez-le en place après consultation ! Et prenez-en soin, le budget de la mairie n’est pas illimité pour réparer les dégâts de ce ramassis de gens peu soigneux. Au revoir !
Puis, elle se détourna et retourna à quelque obscure besogne en haussant les épaules. Matt souriait lorsqu’il cherchait les panonceaux indiquant les références des allées. Il trouva facilement la B, puis le rayonnage qui l’intéressait. Il tomba sur un livre intitulé « Histoire de la cryptologie » qu’il emporta jusqu’à la table d’étude. Il s’assit et sortit de sa poche le papier avec sa transcription. Au loin, il entendait hurler le bibliothécaire, probablement après un étudiant qui avait osé pénétrer dans son territoire avec une barquette de frites ou un sandwich dégoulinant de sauce.
Posted 8 months ago. ( permalink / translate )
Anne K fait sa GSBV ici parce que Yahoo merde grave says:
Oh non, je préfère la première version !

Euh... on peut donner son avis, hein ?

Bon, donc je préfère la première version, en tous cas je pense qu'il n'est pas important de passer du temps sur cette bibliothécaire, il n'y a même pas besoin d'un grand dialogue.

Et qu'est ce que ça veut dire, "Bien sûr, ils n'ont pas d'enfants, d'où son côté acariâtre." Les femmes sans enfants sont acariâtres ? pétée de rire...

Pour le cryptage, je le trouve absolument impeccable comme ça !
Posted 8 months ago. ( permalink / translate )
Skidamarink says:
Euh... J'ai pas dit ça comme si c'était obligatoire non plus... On est dans la caricature, implicitement... Expldr !!!
Posted 8 months ago. ( permalink / translate )
Mélina says:
L'histoire du club de rencontre ne me plait pas.
Mais bon... c'que j'en dis...
Tu l'humanises toujours encore trop je trouve. Elle ne devraît même pas avoir dans l'idée qu'un club de rencontre existe. Elle est en dehors de ce genre de considéartions.
Je ne sai pas. Anne a raison aussi en disant qu'il ne faut pas y passer trop de temps.
Juste avant le paragraphe que tu as changé, il a "il prit son grognement pour une approbation...". Tu crois qu'elle grogne ? Grommellement ne serait pas mieux ?
J'ai pas les yeux suffisamment en face des trous pour aller plus loin ce soir.
J'y reviens à tête reposée demain après midi au boulot !
Posted 8 months ago. ( permalink / translate )
Charp says:
Bon. Fait longtemps que je l'ai lu, ce chapitre, mais pas encore pris le temps de commer. Pas grand chose à dire, sauf l'essentiel: je reste accroché au récit et ai envie de lire la suite! :-)
Pour les questions soulevées ici: la réaction du père: un peu excessive, oui, quoiqu'une fessée, hein, c'est pas si terrible, mais cela cadre bien avec le personnage,effectivement. On peut être dur dans les actes et tendre en profondeur.
Pour le personnage de la bibliothécaire, tous les avis se défendent. J'aime bien la vision qu'en a Mélina, mais la tienne tient aussi, et d'un autre côté, comme Anne, je trouve inutile s'attarder sur elle. Mais tout dépend de savoir si elle aura un rôle plus tard, aussi. Et si oui, quel rôle
Enfin, le codage, là j'avoue que je zappe. Mais pour ceux qui ont envie de suivre dans le détail, cela me paraît très bien fait. Des romans où il y des passages "techniques" que certains zappent, d'autres lisent, c'est assez normal.
Posted 7 months ago. ( permalink / translate )

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