Chose promise, chose due (hein, Charp ??? looool). Voici donc le premier chapitre... Prologue, juste avant... ;-)))

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Pointe du Hoc, 6 juin 1994.

 

 

- Nous nous tenons sur le sol sacré. Il y a cinquante ans à cet endroit que le miracle de la libération a débuté. Ce matin là, les forces de la démocratie ont débarqué pour en finir avec l’asservissement de l’Europe. Aux alentours de sept heures du matin, le Lieutenant Colonel James Earl Rudder, du second bataillon de Rangers de l’Armée des Etats-Unis, a mené 224 hommes sur les plages ci-dessous, et sur ces falaises impitoyables. Les balles et les grenades pleuvaient sur eux, mais quelques minutes après sept heures, le premier Ranger arrivait ici, exactement ici…

Matt Bullman observait avec une pointe d’enchantement l’estrade bourrée de vétérans qui contemplaient le Président Clinton. La vingtaine tout juste passée, il était fier d’être ici, pour ce moment historique. Il a ajusta machinalement son nœud de cravate sur son col de chemise. Son corps athlétique, son teint halé, et ses cheveux mi-longs sagement peignés d’un noir de jais lui donnaient plus l’air d’être un garde du corps qu’un journaliste. Dieu merci ses parents avaient insistés pour qu’il fasse du sport en parallèle de ses études. Il sourit en pensant à ces éternelles remontrances quand il séchait les entrainements de foot. Il ôta ses lunettes de soleil pour mieux profiter du spectacle. Ses yeux en amande plissèrent légèrement sous les rayons de soleil sur la Normandie. Le pupitre présidentiel posé dos à la Manche, orné de l’emblème présidentiel avec son aigle faisait jaillir sur l’assistance un élan de patriotisme et de fierté du devoir accompli. Le Président était bercé lui-même d’une émotion indicible. Plusieurs vétérans laissaient couler quelques larmes sur leurs joues ridées. Matt laissa divaguer son esprit vers ces falaises, essayant d’imaginer cette masse d’eau si calme rougie par le sang, la flottille d’assaut qui tente de toucher le sable, les asperges de Rommel, les sifflements perçant de la chute des obus, les balles qui crépitent de toutes parts. Aujourd’hui, le temps était clair sur la Pointe. En son for intérieur, il estimait énormément le courage de ces hommes, frères d’armes de son père. Tiens, d’ailleurs, se dit-il, où peut-il être bien passé ? Il parcourut l’assistance, à sa recherche. Les haut-parleurs diffusaient toujours le discours présidentiel.

- … Les chanceux retourneraient à la maison, changés à jamais. Des milliers d’autres ne reviendraient jamais. Et aujourd’hui, nous pleurons leur perte. Mais lors de cette aube grise, des millions –littéralement des millions- de personnes sur ce continent attendaient leur arrivée…

Matt finit par le localiser à l’écart, perdu dans la contemplation de la mer, appuyé sur une balustrade. Il était inquiet pour lui. C’était la première fois qu’il remettait les pieds en France, sur cette côte normande. Peu démonstratif, l’homme ne laissait rien paraitre de ses émotions, mais Matt savait que ce voyage risquait de l’éprouver. Lorsque son journal lui avait proposé un mois plus tôt de l’envoyer ici pour un reportage, il avait pensé que son père serait enchanté de l’accompagner. Sorti fraichement de l’école, c’était la première vraie mission que ses patrons lui confiaient. Il avait hâte d’en faire part à son père. Il l’avait retrouvé sous la véranda de sa petite maison le soir même. Autour d’une bière tiède, fils et père devisaient de banalités qui évitaient soigneusement le sujet de la disparue. La mère de Matt avait été emportée par un cancer foudroyant deux ans plus tôt, laissant un mari éploré. John Bullman n’avait plus été le même après cela. Taciturne et renfermé à l’origine, il se cloitrait depuis dans sa petite maison en bois peint, dans son village d’origine du Minnesota. Alors que le jour déclinait, Matt se lança.

- Papa, le journal m’a missionné pour un reportage où je propose que… Où, je serais enchanté, se reprit-il, que tu m’accompagnes.

- Que veux-tu que j’y fasse, Matt ? Je ne suis pas journaliste.

- Ce sera pour toi une sorte de pèlerinage, un devoir du souvenir.

- Ah ouais ?...

- Je dois couvrir la commémoration du débarquement en Normandie sur la Pointe du Hoc, là où tu t’es battu ! C’est inouï, non ?

Sa main qui tenait la canette en fer s’arrêta brusquement à mi-course de ses lèvres. Matt remarquait du coin de l’œil le tremblement qui agitait son père. Un ange passa lentement, et John finit par reposer tranquillement sa bière. Les yeux humides, sa voix se fit grinçante, et cassante.

- C’est hors de question ! Un autre John Bullman, celui que j’étais avant de voir ces horreurs, est mort et enterré sous ces plages, qu’il y reste ! Je ne retournerais pas là-bas !

- Mais enfin, Papa, tu dois…

- Rien du tout ! Toi, tes patrons, les huiles qui vont y parader… Personne ne sait ce qu’il s’est passé là-bas, comment les balles sifflaient à nos oreilles, comment la mort était omniprésente. De tous mes copains de régiment qui ont fait la campagne complète, moins de dix sont revenus pour en parler ! Combattre l’envahisseur nazi, mon cul ! On était de la chair à canon, Matt ! Tu m’as compris ? De la chair à canon ! C’est un miracle si je m’en suis sorti…

Matt comprit qu’il était reparti là-bas, en France, en 1944. Il n’osait pas le déranger dans ses souvenirs. Lorsqu’il redressait lentement la tête, sa voix se fit plus douce.

- Je ne veux plus retourner là-bas. J’y ai laissé mon âme, sous les balles des nazis. Tous ceux qui s’en sont sortis n’ont plus été les mêmes, après le retour au pays…

 Ce soir là, ils n’échangèrent plus un mot. L’heure avançant rapidement, et les canettes vides s’accumulant rapidement à leurs pieds, Matt avait consenti à dormir chez lui, dans son ancienne chambre, à l’étage. Chaque fois qu’il y retournait, il avait le sentiment de faire un bond dans le temps. Ses parents avaient tout laissé en place, depuis son départ pour l’Université. Ses posters des New York Rangers, son équipe de hockey favorite, trônaient toujours sur les murs, à côté de ceux de Stallone. Epuisé, il s’endormit rapidement pour un sommeil profond. Le lendemain, sans même un mot d’explication, son père avait fait irruption au lever du jour dans la chambre, et le toisait de toute sa hauteur.

- C’est bon, Matt. Tu as gagné, je t’accompagne là-bas. Peut-être y aura-t-il quelques connaissances. J’ai bien envie de savoir s’ils sont bien les vieux croutons que je pense qu’ils sont devenus.

Puis, sans un mot, il était sorti de la pièce, laissant Matt seul avec son incrédulité. Il avait trainé un peu au lit, puis s’était levé pour le rejoindre dans la cuisine. Ils avaient pris un petit déjeuner ensemble, en échangeant quelques banalités sur le retour du beau temps, puis il avait quitté la maison sans un regard en arrière.

Ils étaient arrivés il y a deux jours en France. Au fur et à mesure qu’ils approchaient des côtes normandes, il remarquait que l’esprit de son père divaguait de plus en plus dans le passé. Des images provoquées par le détour d’une route, d’un village, d’une maison, semblaient s’entrechoquer dans sa mémoire.

 

Matt chassa ses pensées de sa tête et s’approcha avec cérémonie de son père, sous les hurlements des haut-parleurs.

- …Et le jour J, tous à travers le monde libre, les peuples de la démocratie ont prié pour qu’ils aient bien fait leur travail. Et ils ont bien fait leur travail. Et, ici, vous les Rangers, vous avez fait le votre. Votre mission était d’escalader ces falaises et de détruire les pièces d’artillerie qui se trouvaient au sommet, qui menaçaient chaque soldat et chaque bateau allié en dessous de vous…

Il s’adossa à côté de lui, et sans que son père tourne sa tête, ou bouge d’une quelconque manière, il marmonna quelque chose. Matt le regardait d’un visage grave.

- Quoi, papa ?

- Des morceaux de bois !, reprit son père, un ton plus fort.

- Du bois ?... De quoi parles-tu ?

- Les pièces d’artillerie dont parle ce politicien… Il s’agissait en fait de madriers de bois. Lorsque nous somme arrivés au sommet, nous nous sommes aperçus de l’échange. Les allemands avaient fait déposer les canons dès avril vers l’intérieur des terres. Nous nous sommes battus pour des morceaux de bois peints en gris acier.

Matt se détacha de son père pour poser les yeux dans la même direction que lui. Il semblait amer du cirque qui se déroulait autour de lui. Seuls comptaient les âmes de ses compagnons qui hantaient ces plages magnifiques. Se souvenant subitement qu’il était en service commandé, il fit mine de se relever.

- Pa’… Je dois…

- Oui, je sais, tu es ici pour travailler. Va-y, je serais mieux tout seul.

- Tu es sûr ? Si ça ne va pas, je suis juste là…

- Je ne suis pas un gosse, bon sang ! Allez file gagner ton salaire, avant que je te botte le derrière !, finit-il dans un sourire.

- Papa… Je voulais juste te remercier d’avoir…

- Tais-toi, petit ! Je sais… Après ce discours, je vais te servir de guide pour visiter la région. Si tout ceci n’a pas trop changé, je me souviens d’endroits où l’on pourra déguster cette sacrée cuisine française.

- D’accord. A tout à l’heure.

 

Matt revint en direction de l’estrade, non sans avoir regardé son père. A cet instant, il était le petit Matt que son père faisait sauter sur ses genoux, à sa plus grande joie. Il aurait voulu le serrer dans ses bras, pour l’aider à surmonter ces souvenirs. Il arrivait sur l’espace réservé à la presse. Son carnet en main, il notait fébrilement les grandes lignes du discours.

- … Les jours les plus difficiles de vos vies nous ont offert cinquante ans de liberté. Vous avez fait votre travail, à nous de faire le notre. Commençons en enseignant à nos jeunes les horreurs qui ont débuté cette guerre, et les valeurs qui l’ont terminée. Continuons le travail que vous avez commencé ici. Vous avez allumé sur ces plages les étincelles de la liberté qui ne se sont jamais éteintes, même dans les jours les plus sombres derrière le rideau de fer…

Matt était sous le charme du charisme dégagé par le Président. Le discours captivait l’ensemble de l’assistance. Il dura encore quelques minutes, lorsqu’il sentit la fin approcher, presque à regrets.

-… Et si nous devions faiblir, nous devrons seulement nous rappeler de vous en ce lieu il y a cinquante ans, et de vous, encore, en ce lieu aujourd’hui. La flamme de votre jeunesse est devenue la lampe de la liberté, et nous en voyons toujours la lumière réfléchie dans vos visages, et dans les visages de vos enfants et petits-enfants. Nous nous promettons, comme vous l’avez fait, de garder cette lampe ardente pour ceux qui suivront. Vous avez accompli votre mission ici. Mais la mission de liberté continue, la bataille continue. Le « jour le plus long » n’est pas encore terminé. Que Dieu vous bénisse, et Dieu bénisse l’Amérique. Merci.

Les ovations qui suivaient ne semblaient jamais vouloir s’interrompre un jour. Les vétérans s’étaient tous levés pour acclamer le discours de leur Président. Matt se surprit à faire de même. Le Chef d’Etat serra quelques mains, pris dans ses bras quelques hommes bardés de décorations, avant de s’éclipser sous la protection des hommes du Secret Service. La foule se dispersa peu à peu, la plupart se dirigeant vers le monument élevé à la mémoire des Rangers. Il s’agit d’un bloc de granit, taillé en pointe, posé sur un bloc de béton. Il a l’allure d’un glaive qui s’élève vers le ciel. Le site de vingt-cinq hectares de la zone de combats a été légué par l’état français aux Etats-Unis en 1979. Depuis, ce lieu représentait un haut-lieu de mémoire du Jour J.

Matt revenait vers l’endroit où il avait laissé son père. Mais l’absence de celui-ci le troubla. Perplexe, il se demandait où il pouvait avoir disparu, quand un jeune américain, en charge du protocole de la réception lui tapota l’épaule.

- Monsieur ? Vous êtes bien Matt Bullman ?

- Oui, c’est moi.

- J’ai un pli pour vous. Il m’a été remis tout à l’heure par un vétéran qui se trouvait là.

Il désignait de son index la balustrade, et l’endroit où ils admiraient la mer. Matt prit des mains du jeune homme un papier plié en deux, le remercia, et s’éloigna de quelques pas. Irrité par le départ de son père, il ouvrit la lettre rageusement. L’écriture familière de son père expliquait tout en quelques lignes.

 

 

 

Désolé fiston.

 

Tu sais combien je déteste les mondanités. J’ai pris un taxi pour m’évader un peu. Rejoins-moi à Saint-Pierre-Du-Mont, c’est à deux pas. Attends-moi dans le café du village, proche d’une église, si mes souvenirs sont encore bons. A tout à l’heure.

 

Papa.

 

 

Matt secoua la tête de dépit. Au moins aura-t-il tenté de lui faire approcher le Président. Il méritait comme ses camarades l’hommage qu’il leur a rendus. Tant pis, se dit-il, il prendra connaissance de son compte-rendu à travers son article. Il se dirigeait vers le parking pour retrouver sa voiture de location. Dans le vide-poche, il sortit la carte routière de la région. En effet, le village se trouvait à quelques kilomètres à peine, à gauche après être sorti de la route d’accès à la pointe. Il démarra et  s’engagea entre les véhicules officiels, ceux des vétérans, et les bus des tour-operators. Il dénoua sa cravate qu’il abandonna sur le siège passager. L’heure n’était plus au travail, mais à un moment de détente en compagnie de son père. Il trouva rapidement le bar indiqué, dès l’entrée du village. Sa voiture garée en face de la devanture, il entra prestement, en cherchant son père des yeux. La salle était remplie de piliers de comptoirs typiques des villages français, le béret vissé sur la tête, le visage rubicond. Les petits ballons de vin rouge s’enchainaient sur le zinc. Des figurants habillés en soldats des forces alliés prenaient une pause, entourés de demoiselles pimpantes. Matt s’amusait de constater que ces uniformes conservaient le même attrait sur les jeunes filles françaises, un demi-siècle plus tard. Mais il ne vit nulle trace de son père. Il sortit sur le trottoir et rechaussa ses lunettes. L’église se trouvait une cinquantaine de mètres sur la droite. Autant visiter en l’attendant, se dit-il. Il longeait un mur en pierre brute qui ceinturait le cimetière attenant à l’édifice. Il se figea quand il reconnut la silhouette de son père qui entrait dans un petit mausolée. Sans bruit, il revint sur ses pas et poussa la petite grille en fer forgé qui fermait l’accès. Ses pas crissaient sur les graviers des allés, et il ralentit quand il se trouva près du monument. Il était assez grand pour laisser imaginer que leurs propriétaires comptaient parmi les grandes familles du village, mais trop petit pour que leur richesse soit digne de celles de la Capitale. Il était en béton brut, et à chaque angle, une ornementation en forme de fleur de lys bravait l’usure du temps. Au sommet de son toit en pointe, un ange défiait de son sourire la tristesse des lieux. Une petite lucarne barrée de barres de fer forgé offrait un peu de clarté à l’intérieur. Alors qu’il s’approchait de l’entrée, et s’appétait à appeler son père, il entendit des sanglots. Il stoppa net. La seule fois qu’il avait vu son père pleurer, en l’épiant depuis l’escalier de la maison, fut quand il apprit la mort de sa mère par la bouche du médecin. Le voir dans cet état avait détruit la vision qu’il avait de lui. Il l’avait toujours vu en héros de la guerre, ce surhomme dont il était le fils. Ce soir là, il lui en voulut inconsciemment de s’être montré faible, avant d’éprouver de la honte pour avoir pensé ça. Le remords mêlé au chagrin d’avoir perdu sa mère l’avaient fait pleurer toutes les larmes de son corps.

Là, dans ce cimetière, au milieu des pierres tombales, des fleurs en plastiques, il se sentit revenu à cette soirée maudite. Il jura entre ses dents, et se répétait qu’il était un homme à présent, et qu’il se devait d’aider son père. Lorsqu’il passa le porche d’accès, il toussota discrètement, pour signaler sa présence. Son père fit volte face, les yeux baignés de larme. Cette vision arracha le cœur de Matt. Son père tentait de parler entre deux spasmes.

- C’est ici !... C’est ici que je les ai… Tous les deux ! Pourquoi, Matt ?... Pourquoi ?

Matt sauta sur lui, et le prit dans ses bras, en le berçant doucement.

- Ne dis plus rien, Papa… Je n’aurais pas dû insister pour que tu viennes, excuse-moi… J’aurais dû me douter que tous ces souvenirs pénibles remonteraient à la surface…

Ils restèrent ainsi en pleurant dans les bras l’un de l’autre plusieurs minutes. Puis, en silence, ils sortirent du cimetière et se dirigèrent vers le café. Les figurants étaient partis, peut-être avec leurs prétendantes, et les piliers de bars continuaient leur besogne. Matt se demandait si leur but n’était pas vider toutes les réserves du patron, pour attendre la prochaine livraison. Ils s’installèrent dans un coin plus calme du bar, et commandèrent deux bières à la pression. Ils attendaient que le serveur leur apporte leur consommation pour parler. Lorsqu’elles arrivèrent, John essuyait machinalement du doigt les gouttes de condensation qui perlaient la surface du verre. Il fixait la table de bar sans la voir, à des années-lumière du présent. Lorsqu’il se décida à parler, sa voix était redevenue claire et ferme. Il semblait à Matt qu’il avait à cet instant besoin d’évoquer ces souvenirs.

- Je t’ai déjà parlé du débarquement, Matt ?

- Pas en détail, je sais juste que tu as fais l’assaut sur la Pointe du Hoc avec les Rangers.

- Je sais, en fait… Même ta mère ne savait pas ce qu’il s’est passé, ici.

- Papa, tu n’es pas obligé…

- Non, fiston ! J’ai besoin de me vider de ça. Je vis dans l’ombre de ces falaises depuis mon retour. Je vais bientôt arriver au terme de ma vie, et il faut que je me confesse, en quelque sorte… Commande une autre tournée au serveur, ça va être un peu long.

D’un signe de tête et de l’index, Matt confirma la commande au patron. Il fixa son père avec intensité. Jamais il n’avait osé le questionner sur cette période, même si cela lui brulait les lèvres. Il lui accordait à ce moment toute son attention, oubliant les gens dans le bar, le bruit, et la Normandie.

- Je me suis engagé dans les Rangers alors que j’étais encore un tout jeune homme. Mes parents, tes grands-parents, étaient fiers que leur rejeton remplisse son devoir patriotique pour éliminer Hitler et sa clique. Je suis parti en camp d’entrainement, qui a plus consisté à apprendre à appuyer sur la détente d’un fusil Garand qu’autre chose. Puis, l’Angleterre, et ses camps de fortune…