"[...] on doit supposer l'existence de ce que l'on cherche [...]
A coup sûr, lorsque le pionnier de la science lance les antennes tâtonnantes de sa pensée, il doit posséder une vive imagination intuitive, car les idées neuves ne sont pas engendrées par déductions, mais bien par une imagination artistiquement créatrice. [...] Une expérience, c'est une question que l'on pose à la nature [...]
Mais, avant qu'une expérience puisse être faite, elle doit être montée - la question à la nature doit être formulée avant d'être posée."
(Max Planck, 1941)




"Que voulez-vous? C'est très embêtant de réfléchir sur certains problèmes qu'on a pris l'habitude de croire résolus."
(Georges Bernanos, 1944)

"J'argumente que pour connaître la réalité, et donc pouvoir éventuellement la changer, il faut abandonner ses certitudes, et accepter l'angoisse temporaire d'une incertitude accrue sur le monde, que le courage d'affronter l'inconnu est la condition de l'imagination et que la capacité d'imaginer un monde autre est un élément essentiel à la démarche scientifique: qu'elle est indispensable à l'analyse du présent. [...]
Pour penser le genre, comme pour penser quoi que ce soit, il faut sortir du domaine des présupposés. Penser le genre c'est repenser la question de son rapport au sexe, et pour penser cette question, il faut la poser, ce qui implique que l'on abandonne l'idée que l'on connaît la réponse. [...]
[...] l'on ne fait pas avancer la connaissance sans, dans un premier temps, accroître l'inconnaissance, élargir les zones d'ombre, d'indétermination; pour avancer, il faut d'abord renoncer à certaines évidences, ces "évidences" procurent le sentiment confortable que procurent toutes les certitudes mais elles nous empêchent de poser des questions, ce qui est sinon la seule, au moins la plus sûre façon de parvenir à des réponses. [...]
(Christine Delphy, 1991)

"[.Le] système bien rôdé de collusion des femmes [ultraorthodoxes] dans le maintien de leur ignorance ne peut être déstabilisé de l'intérieur: on ne peut l'interroger qu'en le quittant. Le terme hébreu pour un Juif non religieux qui décide de rejoindre la communauté ultraorthodoxe est «hozer bitshuva» - selon une interprétation courante: «celui qui revient à la réponse» - mais ceux qui la quittent sont appelés, en Israël, « hozer bisheola» - «celui qui revient à la question». "
(Ilana Löwy, 2006)