Des guitares jouaient « Nuages » de Django……..

Les notes éclataient comme un bouquet de bulles

Dans la fumée et les lumières indigo………

C’était le rendez-vous prisé des noctambules.

.

Temps lointains, effacés, que les « moins de vingt ans »

Et même de quarante n’ont pas pu connaître.

Elles ont disparu ces chapelles d’antan.

La « crise économique » a fermé leurs fenêtres.

.

A cette époque là, aux premières aurores,

Les noctambules, terminant leurs libations,

Pouvaient reprendre, en quelque endroit, un verre encore,

Un café chaud ou un bol de soupe à l’oignon.

.

….. Ou s’installer devant un plat de spaghettis,

Dont « l’al’ dente » fumant enchantait l’appétit !

.

Les taxis de la Ville étaient à leur affaire,

Ramenant au bercail ces êtres de la nuit,

Qui, avec le plaisir de vider quelques verres,

Avaient cherché, peut-être, à fuir le temps qui fuit……..

.

Où sont donc les restaus de nuit et les bistros ?

La musique aux accents colorés, cette ambiance

Particulière aux ports ? On trouve des bureaux…….

« Rue de la soif », on voit fleurir des « Assurances……

.

……Et cette faune de la nuit devant les zincs

Des cafés embrumés de la Place du Minck ?......

.

Les notes de Django ont-elles laissé trace

Dans le silence bleu des ondes de l’espace ?

.

Ou sont-elles allées, avec les noctambules,

Embellir un instant leurs chants du crépuscule ?



Roseha -