Elles cousaient à petits points,

Elles piquaient à la machine.

Elles étalaient avec soins

Les tulles, soies et mousselines......

.

Beaucoup étaient jeunes pourtant.

Dans ces temps là, les couturières

Commençaient, dès leurs quatorze ans,

A faufiler les boutonnières.

.

Depuis le matin, jusqu'au soir,

Dans la toile ou dans la dentelle,

Elles finissaient souvent tard..........

Une exigeante clientèle

Ne permettait aucun retard :

.-Trop longtemps, face à leur miroir,

Il ne fallait pas faire attendre

Les boudeuses dans leur boudoirs,

Dont le coeur n'était pas si tendre.....

.

Elles chantaient, tout en cousant,

Des romances de midinettes,

Comme : "Mon amant de Saint Jean",

"Le petit vin blanc des guinguettes",

Ou reprenaient toutes en choeur :

"Monsieur, Prenez mes violettes !

Elles vous porteront bonheur !".....

.

Quelques unes étaient mamans,

Qui n'avaient même pas vingt ans.

Avec une rare élégance,

Quelque voltigeur en partance,

Leur avait laissé ce cadeau :

Un beau marmot.

C'était là leur raison de vivre.

Joie de leur maternelle fibre !

.

Dans le satin, dans le velours,

Où dansaient ombres et lumières,

Bercées par les chansons d'amour,

Elles cousaient, les couturières......

.

Dés potron-minet, jusqu'au soir,

Oeuvraient ces petites abeilles,

Pour les boudeuses des boudoirs.

..... Et leur travail était merveille.




Roseha




.