Depuis quatre jours nous « vivons » dans la forêt tropicale puisque nous sommes à notre cinquième bivouac en Guinée. Toute la journée nous parcourons les pistes de latérite qui font « un peu » de poussière rouge, nos amis Brigitte et Jean Noël qui n'ont pas la clim dans leur land rover sont sérieusement « bronzés » le soir à l'arrivée!!! Les pistes sont répertoriées sur la carte comme des routes mais en fait ce sont des trouées dans la forêt pleines de fondrières que l'on a baptisées nids d'autruche et de radiers au dénivelé d'un mètre!
J'ai commencé par le négatif pour développer le positif car on oublie vite les cahots et la chaleur (35 à 39°) pour profiter du spectacle le long de la route. C'est étrange, on ne se sent pas vraiment dépaysé car on a tous en mémoire les images des livres de géo ou de contes africains mais cette fois c'est la réalité. Parmi les arbres immenses, palmiers, manguiers … enchevêtrés par des lianes à la Tarzan en fleurs on voit d'abord des barrières de troncs qui entourent des jardins où pousse le manioc, les papayers, les bananiers et quelques orangers puis on aperçoit les toits des huttes de paille, on approche d'un village et là c'est les cris et les danses des innombrables mioches qui se précipitent vers nous, les femmes pilent le manioc comme chez Kirikou ou vendent des petits tas de trois tomates ou d'oranges pelées à blanc. On les trouve aussi dans le ruisseau à faire la lessive, elles portent des tenues claires souvent blanches et sont très propres malgré la poussière ambiante. Chapeau! Nous, on se lave les mains à chaque fois que l'on sort du 4X4 et on est toujours crasseux!! Nous sommes dans une république francophone et chacun veut nous parler, échanger quelques mots avec les toubabous. C'est charmant et super agréable.