• une balade de 250 km dans le désert mauritanien
  • 120 km de piste dans la savane
Commençons par le désert,difficile de trouver un terme adéquat pour qualifier cette expérience.Tout a très bien commencé, la piste est large, le paysage étonnant:ce n'est pas le désert à la Tintin mais une étendue à perte de vue d'un tapis vert, oui, vert, je ne me suis pas trompée. Au fur et à mesure que l'on s'approche, on s'aperçoit que ce sont de petits buissons bas qui sont éparpillés partout. Bien sûr on voit des chameaux, des grands, des petits, des blancs, des tachetés....qui sont là tout seuls et qui nous regardent passer.
Tout à coup, le 4X4 commence à s'enfoncer alors que la piste est parsemée de taches brunâtres, de cailloux et d'herbes, c'est en fait le fech fech, le célèbre sable mou qui devient de plus en plus mou alors ….on se plante, on se tanke, on jardine en fait on reste en rade. Marche arrière, marche avant, on pousse, on tire, on sort pelle et rateau et......on sort de la galère surtout parce qu'on n'est pas tout seul ni pour se planter ni pour se sortir. L'entraide et la sueur des copains remédient à tout! C'est génial!
Après deux ou trois plantages on est très fiersd'avoir franchi les dunes et de trouver le bivouac

Deuxième journée d'exception: la découverte de la savane et la rencontre avec les peuls.
La piste serpente dans une végétation continue d'herbes drues et très hautes (il manque les lions, je m'en suis plainte à l'organisateur!). De temps en temps pointent des arbres très verts et des acacias aux épines redoutables et des baobabs, avec leurs gros fûts, leurs branches argentées et tortueuses et « pas de feuilles ». Partout leurs grands squelettes se dressent le long des pistes et de temps en temps on aperçoit un buisson tout rose qui paraît fragile, en fait c'est un baobab-chacal qui est couvert de fleurs et toujours sans feuilles. On croise un petit singe, des perdrix, un écureuil, un cheval, des vaches et tout à coup au milieu des herbes on aperçoit un toit de paille et un autre... c'est un village peul. Une dizaine de huttes au toit pointu se nichent derrière une palissade de jonc tressé, au centre du village, il y a toujours un abri de bois, lieu de réunion des habitants surtout masculins car les femmes, elles, pilent les graines en cadence, cuisent le repas assises sur leurs talons, un bébé dans le dos ou encore tirent l'eau du puits qui est situé un peu à l'écart du village. Les peuls sont des éleveurs, ils ont des troupeaux de plusieurs centaines de zébus qui pâturent partout (que l'on évite sur les pistes). Ce sont des gens longilines, très noirs et aux traits très fins, toujours souriants, (on doit passer à leurs yeux, nous tristes européens, pour de sinistres rabat-joie) .Une fabuleuse rencontre!
Mais ces deux journées si différentes au demeurant ont un point commun, que ce soit dans le désert ou dans la savane tout est pareil sur des kilomètres et pourtant tout est …..différent: un oiseau bleu et vert traverse la piste, le baobab de droite a une forme bizarre, le bébé noir dans le dos de sa mère me fait un sourire et me « parle », une vendeuse de tout et de rien nous fait rentrer dans sa maison pour nous montrer deux petits singes, les enfants frappent dans leurs mains et crient sur notre passage....C'est la vie en Afrique, sa chaleur (environ 39°) extérieure et humaine, ses immensités....