A Toi et à Leila

Une amie loin de moi et de mon cœur si proche
M'abreuve de ses mots au gré de son humeur,
Aigres parfois, ce n'est guère là un reproche,
Je bois à sa santé son blues pour son bonheur.

Je ne suis point heureux, seulement je m'accroche
Au train-train d'un espoir qui vogue dans le noir
Où s'égare parfois quelque lueur fantoche.
Ternes sont mes matins et lugubres mes soirs.

Amer est le chemin sous mes pas de poète,
Ombrageux artisan, éternel bohémien
Qui rumine, aspiré par l'élan de sa quête,
L'impossible idéal, ce que jamais l'on tient.

Noble est la douleur qui gémit sous ma plume
Et martyrs sont mes vers sacrifiés sur l'autel
De ma muse Leila quand son astre s'allume.
Ma rime est douceur et ma voix un rappel.

Qui traverse la nuit pleurant la solitude
Et la plaie gangrenée dans le cœur troubadour
Je voudrais effacer des temps l'incertitude
Pour qu'enfin revienne au nid désert l'amour.

Une amie loin de moi et de mon cœur si proche
Sait ma peine et comprend à sa source mon mal
Comme sa joie blanchit mon horizon farouche !
Elle ici, et Leila dans l'univers astral.