À toi



Ils sont tristes nos mots et Mars se représente.

Doit-on les dire Amour, rimés comme souvent ?

Pourrions-nous léser nos cœurs en pleine attente ?

Mais les pages nous fuient emportées par des vents.



Aurions-nous péché aux yeux de nos destins

Pour porter âprement des maux sur nos épaules

Pour perdre le sourire au lever du matin

Et abriter nos soirs dans une sombre geôle.



L’onde qui nous relie est de nouveau silence

Car son câble est coupé par un vilain censeur

Et nous voilà murés, avides d’un espace

Où mieux vivre et mourir sans façon de lenteur.



Mais lequel de nous deux rendrait l’âme et les cendres

Au Massif de ton cœur, aux houles de ma Mer,

Le premier, un jour qui ne sait point attendre ?

Moi, J’ai déjà un coin dans le creux d’un enfer.



Nos souffles, d’ici là, ont des joies et des peines

D’autres Mars viendraient lire nos horizons.

Nous y échangerons nos vœux, la coupe pleine

D’amertume, d’espoir, de folies et raisons.



Abdel