MON ESPERANCE


Les remords, les regrets m’ont pris mon espérance,

Un désarroi profond l’a désarticulée,

Habillant mes regards d’un loup d’indifférence :

Sans volonté, vaincue, je ne sais où aller…



Aux rets de Février où mon esprit s’amarre,

Ecartelant le temps aux fers de mon destin,

L’amour s’est dissipé sur le quai d’une gare

Alors, qu’en le brouillard, soupirait le tocsin.



Epuisée et transie, je ne fus plus moi-même

Et la moue accablée de ceux qu’on a bannis,

Toute à mon désespoir, j’ai ouï qu’un requiem

Chassait tous mes oiseaux assourdissant les nids.



Je me souviens de mots qui ont brûlé mon âme,

Fertilisant ma vie de sentiments précieux ;

Mais, empli de froideur, quand s’éteignit la flamme,

Mon cœur a débordé et j’ai maudit les cieux.



Si j’ai cherché longtemps juste un peu de tendresse

Et blessé mes souliers aux cailloux des chemins,

J’aurais voulu sentir avant qu’y apparaissent

Des rides, des baisers dans le creux de mes mains.



© (tous droits réservés – 22 h 53)