LES RICOCHETS DE MA MEMOIRE

Je n’étais pas venue ici depuis longtemps
-Dans la Rue de Turenne ou la Rue Debelleyme-
Mais quand je me retourne il m’en revient, pourtant,
Ce parfum de lilas qu’avaient leurs chrysanthèmes.

Si le monde est petit et la terre est gironde,
Qui m’aurait dit, un jour, que j’y retournerais ?
Et si j’ai trébuché minée par mille Frondes,
Il y reste mes pas dessinés à la craie.

Mais, après tant d’années, Paris n’est plus le même :
Ce pavé où j’allais n’a plus le même ton ;
A présent, c’est en vain que j’y cherche un totem
Et ne reconnais plus les seuils de ses maisons.

Comme Hugo, je reviens après des ans de route
Mais, mes pas n’osent pas en fouler la poussière ;
Si les chemins qu’il prit furent semés de doutes,
Les miens se sont perdus tout autour de la terre.

Moi qui étais partie pour d’infinis voyages,
Qu’en ai-je rapporté ? Des souvenirs brûlants ?
Juste la nostalgie des oiseaux de passage
Qui étreignait mon cœur, leurs ailes sous le vent.

J’ai construit mon logis dans chaque coin de terre,
Si j’y ai vu fleurir des aurores fanées,
Ce n’est qu’en revenant accoster à ces pierres,
Qu’au détour d’une allée, mon âme a chaviré :

Il pleure de mon cœur des larmes sur ma ville,
Mais l’odeur des lilas n’embaume pas ce soir ;
Les pavés font, un peu, sous mes pas malhabiles,
Comme des ricochets au fond de ma mémoire…


© Tous droits réservés (27.02.2013 – 00 h 01)