Ô TOI, SI MATERNELLE !

Toi qui as su calmer tant de déchirements
Lorsque, les yeux mi-clos, je n’étais plus à même,
Face au ciel étendue, sans bruit, ni mouvement,
D’aspirer au repos, ni renaître en moi-même.

Au gré de tes marées -ô toi, si maternelle
Qui a su consoler tant de chagrins d’enfants-
J’ai plongé si souvent dans tes chenues dentelles,
Qu’entre le ciel et l’eau, je revivais enfant.

De mon âme ébranlée par tant d’égratignures,
Le sang noir de mon cœur empourprait tes galets
Se mêlant aux flots bleus qui devenaient impurs…
…Mais, tu savais si bien lécher toutes mes plaies !

En dépit des courants où s’égaraient mes jours
-Je me suis allongée charriée par la houle,
Espérant chaque fois m’éloigner pour toujours-
Mais, tu m’as délivrée me portant sur ta houle.

Alors, l’esprit en paix, j’ai poursuivi ma route…
…Si chacun de mes pas fut grave et malaisé,
Tu as su désarmer mes émois et mes doutes,
Morcelant les cailloux qui blessaient mes souliers.

(c) Cypora Herszhorn (extrait des "Fugues du temps)

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Ô YOU, SO MATERNAL !

You, who knew so many heartbreaks calm
When with half-closed eyes, I was not able,
Face to the sky extended, without noise or movement,
To aspire to repose, nor revive in myself.

To suit your tides -Ô you, so maternal
Who knew so much sorrow to comfort childs-
I dived so often in your hoary lace,
And so, between the sky and water, I was reliving child.

Of my soul shaken by so many scratches,
The black blood of my heart empurpled your wheels
Mingling with the blue waves that became unholy ...
…But you knew so well all lick my wounds !

Despite the current day where my strayed
-I lay brought down by the waves,
Each time hoping to get away for ever-
But you delivered me on your waves.

So peace of mind, I continued my way ...
…If every of my steps was serious and difficult,
You knew how to disarm my emotions and my doubts,
Fragmenting stones which wounded my shoes.

(c) Cypora Herszhorn (excerpt from "Les Fugues du temps”)