Si pourpre est le Soleil lorsqu’il étreint le jour
Quand le Ponant rougit à l’heure où les grands fauves
S’abreuvent longuement au crépuscule mauve
Que le Vent vient troubler dans un silence lourd.

Dans un rugissement, le temps se décompose…
..Soudain, un gnou s’enfuit au milieu des roseaux
Car la lionne a bondi ! A portée de ses crocs,
Ne tenant qu’à un fil, sa vie est peu de chose.

Dans la Savane en rut, le troupeau tout entier
S’ébroue dans les fourrés puis se met à courir,
La meute est aux aguets… Un petit va mourir,
Si faible et innocent sous l’assaut meurtrier !

Dans un dernier sursaut, son point du jour s’échancre
Et l’horizon se vêt d’un long manteau de suie…
…Dans un ultime élan, il sombre dans la nuit,
Avec dedans les yeux comme des taches d’encre.

(c) Cypora Herszhorn-Sebagh