Quand le coucou dans la forêt
Timidement entonne
Une chanson au moi de mai
Lassante et monotone,

Mon cœur, sous la lune d’argent,
Fait vite une prière,
Pour dérober au firmament
Un peu de ses mystères.

Parmi les fleurs que j’aime tant,
C’est un bouquet de roses
Qui s’est posé près de l’étang
Tout en apothéose :

C’est mon aimé aux yeux si bleus,
Quand il me les apporte,
Qui les effeuille en mes cheveux
En me faisant escorte.

Il est entré dans mon jardin,
D’un baiser m’a conquise,
Et sous ma robe de satin
A frissonné la brise.

Il m’a touchée de sa voix d’or,
Ses doigts de mandolines
Me consolaient en doux accords,
Courtisant en sourdine ;

Alors, jusqu’à la déraison,
Enivrée, attendrie,
Je suis tombée en pâmoison
En lui donnant ma vie !

Toi le coucou qui vocalise
Ton chant dans la forêt,
Lorsque l’amène et douce brise
Evente mes volets,

Dis à la Lune jouvencelle
De ne plus scintiller,
Car c’est moi qui suis la plus belle
Et qu’il fera danser !

Car c’est moi qui suis la plus belle…
…Et qu’il fera danser !

(c) Cypora Herszhorn-Sebagh