La rue de Bucarest que j'habitais, si tranquille jadis, a été ravagée par les travaux pharaoniques de Chausescu. Pour arriver chez moi il fallait sauter les tranchées, escalader des amas de débris, subir le bruit des marteaux - piqueurs.
...En cet après - midi de Juillet je marchais sur le bord de la chaussée en contournant des obstacles et en essayant de protéger mes jolis souliers , quand un camion-mastodonte a freiné brusquement, arrivé à ma hauteur .La portière s'ouvre sur un sourire éclatant et les épaules bronzées en maillot marcel. Le gars , les bras accueillants , m'adresse la parole:
"Regarde combien je suis beau! Tu n'es pas mal , toi non plus. Monte, alors !"
J'ai souri toute la journée.