Ibn Hazm (l'auteur) cite souvent un autre poète.
Voici des paroles d'une charmante chanson qu'une belle accompagne de son luth.
Le texte serait d'Al-Abbâs ibn al-Ah'naf.
Voici des paroles d'une charmante chanson qu'une belle accompagne de son luth.
Le texte serait d'Al-Abbâs ibn al-Ah'naf.
J'ai été charmé par un soleil qui, quand il se couche, a pour Occident
L'intimité des boudoirs,
Un soleil représenté sous les traits d'une jeune fille dont les flancs onduleux ressemblent à l'enroulement des parchemins.
Elle n'appartient à l'humanité que par une certaine ressemblance
Et elle ne fait partie du monde des djinns que dans les images.
Car son visage est un joyau et son corps un jasmin; son parfum est de l'ambre et le tout est lumière.
Quand elle avance, drapée dans ses vêtements, on dirait
Qu'elle marche sur des oeufs ou sur les bords des coupes de
Verre.

Amalthée has replied to Bernard LévèqueMerci pour ton commentaire.
Emotion créée par cette apparition éthérée de jaune ( jasmin ambre et lumière-- qui n'est pas sans rappeler les correspondances baudelairiennes ) à cette heure crépusculaire de l'entre deux , quand la réalité se confond avec le rêve ..et pour ce poète tout devient volupté ..
.Etrange que le soleil, symbole masculin par excellence, puisse representer une femme, n'est-ce pas ? Tu peux nous apporter des détails stp ? merci .
( la traduction me semble un peu maladroite ?)
Mais je suis ouverte à toutes les propositions. Y compris "les belles infidèles" -), n'est-ce pas.
@ Lara tous les symboles signifient à la fois leur sens (habituel) et leur contraire. C'est une des difficultés de l'application de la rigueur en matière de dialectique symboliste. Elle entraine toutes les errances et le charlatanisme que nous pouvons constater dans les analyses les plus fantaisistes, hélas. C'est pour cette raison qu'il faut toujours prendre les interprétations symboliques "avec des pincettes" -).
Ceci dit, il me semble que dans le contexte oriental (arbo andalou) l'image est assez courante. Elle a été reprise dans notre tradition amoureuse à la Renaissance. Et c'est le retour de la raison aristotélicienne (entre autres) qui a recentré les symbôles solaires dans la masculinité en Occident.
Mais tu n'es pas sans ignorer qu'en Orient (Asie) Les déesses solaires sont féminines (dans l'ancien Japon, par exemple) alors que le principe masculin est un dieu lune. Il en existe d'autres exemples ... on ne va pas tout citer.
Oui, on peut penser à Baudelaire. Bien entendu. Mais curieusement, pour ma part, c'est plutôt Nerval qui me vient à l'esprit. Pure histoire de sensibilité. Chacun son vécu qui déclanche les rapprochements sensibles.
Leonora has replied to AmalthéeMa référence à Baudelaire etait pour le " jaune " pas tout le poème :-) sinon l'ensemble pourrait bien m'emmener vers Blake ..
Quant à la poesie partie integrante de la vie . je parlais des poètes, et je n'ai jamais dit que j'en etais une ..
Le texte français de la traduction est maladroit, certes. Mais je suppose que c'est dans l'intention de mieux coller au texte original.
C'est tout le problème des traductions.
Personnellement je prèfère de beaucoup celles où l'on se permet des fantaisies qui rendent le texte plus attrayant et plus excitant que ce style un peu tâcheron, je ne m'en cache pas.
Leonora has replied to AmalthéeProblème récurrent en effet
à l'ouest de nos Eden
se retire un soleil
dont les flancs ondulants
s'enroulent comme parchemins
semblable à une jeune femme
comparable à un Djinn
sorti de nos livres d'images
son visage: joyau
son corps: jasmin
son parfum: ambre
lumière
sous son voile drapé
elle progresse
telle un funambule
sur une arête de verre
(bonsoir à vous)
Tu m'encourage à reprendre mon blog ... Peut-être. :)
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