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Bonjour,

Vous êtes cordialement invités au vernissage de mon exposition sur les Roms à Genève le mercredi 19 février 2014 à 18h30 à la Maison de Quartier de la Jonction, 18bis av. Ste-Clotilde.

Les Roms à Genève - Eric Roset L'exposition restera visible jusqu'au 8 avril 2014, les lundis, mardis, jeudis et vendredi de 16h00 à 18h30 ainsi que les mercredis de 14h00 à 18h30.
Le vernissage sera suivi, dès 19h30, d’une discussion publique intitulée "Que savons-nous des Roms?", qui permettra de discuter et de déconstruire les principaux préjugés véhiculés sur cette population.



Les Roms à Genève - Eric Roset MARCHER AVEC LES ROMS

Eric Roset, photographe, vit avec les roms à Genève. Il a appris le roumain, le romani, et années après années s’est impliqué dans l’association Mesemrom pour la défense et le soutien des roms de passage. Ses photos sont nées de cet engagement quotidien auprès de personnes sans domicile harcelées par la police, maltraitées et voyant leurs droits quotidiennement violés. Au fur et à mesure qu’une hystérie anti-rom se développait dans la ville, les roms se trouvaient mis en danger dans l’espace public. La proximité et les amitiés qu’Eric Roset a développé avec les roms donne à ses photos une valeur de témoignage intime en profond décalage avec le caractère d’anonymat qui entoure les roms dans la rue et le poids des préjugés qui est projeté sur eux.

Les Roms à Genève - Eric Roset Roms survivants, roms super vivants

Les photos d’Eric Roset ne sont pas misérabilistes. Elles montrent la fierté, le courage, la joie ou la peur des roms de passage à Genève, sans jamais basculer dans une idéalisation ou un romanticisme de leur condition. Elles donnent à voir ce que les préjugés, une presse parfois complaisante, et surtout l’ignorance, mettent facilement de côté : les roms sont des habitant-e-s comme les autres, à l’exception du fait qu’ils n’ont pas d’accès à un domicile pérenne. Ils sont relégués dans des lieux de passage, par la force des choses. Leur usage de la ville est troublant, fait de créativité et de curiosité. On peut le prendre pour du sans-gêne, empreint d’un certain fatalisme. Leur douceur peut faire croire à de la docilité, certains sont tentés d’en profiter. Les limites que nous nous fixons, ils les interrogent. C’est qu’ils n’ont rien à perdre. Ils cherchent comme tout un chacun à vivre, travailler, et nourrir leurs familles, se détacher de la misère noire qui est la leur. Cherchant à optimaliser leurs conditions de vie, ils ont plusieurs manières de résister, avec une résilience stupéfiante. Les roms sont des survivants. Ce sont des super vivants, aussi.

Les Roms à Genève - Eric Roset Xénophobie institutionnelle

Du côté des pouvoirs publics, rien n’est fait pour leur faciliter la vie, bien au contraire. Des lois les ciblent particulièrement, celle interdisant la mendicité par exemple. Adoptée en 2008, depuis lors, plus de 10'000 amendes de 130 à 2'500 francs ont été infligées à quelques 200 roms domiciliés en Roumanie. Les roms sont soumis à des quotas pour avoir accès à des repas chauds quotidiens. Les femmes et les enfants sont séparés des hommes pour pouvoir dormir dans des abris d’urgence. Plutôt que de lutter contre la pauvreté, les pouvoirs publics sont obsédés par la lutte contre le pauvre, et particulièrement les roms, vus comme des êtres à part. Volontairement repoussés hors du centre-ville par des stratégies de harcèlement, ils sont relégués dans des marges, que ce soient sous les ponts le long du Rhône ou de l’Arve, dans les parcs ou les bois. Conduits en prison pour des peines pécuniaires liés à la mendicité, la criminalisation des roms conduit à une rupture entre « eux » et « nous ». Rupture que rien ne justifie, si ce n’est la crasse xénophobe qui se dépose dans nos regards en lien avec « l’air du temps ». Le travail d’Eric Roset opère un travail de dessillage, de dépoussiérage salutaire.

Observez bien les photos d’Eric Roset. Il nous invite à une rencontre. Il ne nous montre pas des roms. Il nous présente à Mihai, Georghe, Maria, de face, directement, sans fard. Il ne nous désigne pas un concept, une idée, mais conduit à des individus. Il nous invite concrètement à partager des moments de vie, qui - Oh mais quelle surprise !- ressemblent étonnamment aux nôtres : danses, deuils, déplacements, jeux, sommeils, amours. Les roms sont des humains comme les autres. J’écris cela avec un peu de honte, comme si on pouvait penser que cela n’est pas le cas. J’écris cela avec de la honte, parce que certains ont voulu et veulent faire des roms des êtres à part. S’ils sont différents, la différence qu’ils portent ne les relègue pas, elle nous élève comme humains.

Observez bien les photos d’Eric Roset, il n’envisage jamais les roms de haut. Il est toujours à la même hauteur, voir un peu plus bas qu’eux. Ce travail de photographe est un travail modeste, très simple. Eric Roset fait œuvre d’anthropologue, de militant et d’artiste. Ces photos témoignent d’une aventure humaine et de rencontres dépouillées du superficiel, ou le plus nu de l’être se laisse envisager. Puissent ces photos désormais être vues et relayées par le plus grand nombre possible, afin que nos regards se dessillent et envisagent l’autre, celui qui se tient dans la rue, dans toute sa complexité, plutôt que dans le reflet de nos préjugés. Puissent les regards ne pas s’effondrer sous le poids des clichés, mais envisager l’autre dans son potentiel, sa singularité.

Eric Roset ouvre les regards. Son travail est un antidote à l’ignorance, au racisme et à la violence. Je vous invite à le suivre et à vous laisser surprendre, c’est une chance de pouvoir vivre cette expérience avec lui.

Sylvain Thévoz
Conseiller municipal Ville de Genève

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Eric Roset, Photographe RP
9 rue Guillaume de Marcossay
Case Postale 9
CH - 1211 Genève 4
Tél. : +41 79 273 81 72
www.eric-roset.ch