J’ai découvert Björk en terminale. Je ne sais plus quelle chanson j’ai entendu en premier, mais j’ai de suite été interpellée par cette voix étrange et puissante. Par la suite j’ai vu le petit bout de femme qui envoyait ce son, on aurait dit une sorte de petit lutin trop mignon avec un visage pur et enfantin digne d’un Miyasaki et j’ai été fascinée. Ca a été le début de mon histoire d’amour.

A partir de là j’ai décidé que je devais en savoir plus sur elle et sur sa musique, je me suis mise à acheter et à écouter ses albums. Le premier fut Homogenic et c’est de lui dont je vais vous parler ici :

Homogenic ça ne ressemble à rien de ce que j’ai pu écouter à cette époque. Moi j’ai été bercée par la musique new wave, Depeche Mode et la musique des années 80 française qu’écoutaient ma sœur, au collège j’écoutais la même chose que les autres, c’est-à-dire Oasis, un peu de Blur et surtout beaucoup de merde ! Au début du lycée j’ai eu ma période reggae / je suis une hippie, puis ça a été la découverte du rock et des grands classiques donc rien d’électro bizarre jusque là. Pour moi, Homogenic c’est un peu comme un Ovni sauf qu’il manque Mulder et Scully. C’est un album indéfinissable, inclassable, il sort du cadre, il mélange les genres, des violons par ci, un petit coup d’accordéon par là, de la harpe, de l’électro, de la techno, une petite touche de pop, des bruits de nature.

Dans Hunter je me suis sentie comme dans une course sans fin : je ne m’arrête pas, je vois les paysages défiler, j’entends mon cœur battre avec les percussions. Avec Joga le voyage continue, un voyage à l’intérieur de soi, une certaine violence, un état d’urgence.

Unravel morceaux d’apparence plus doux n’en reste pas moins douloureux et déchirant, la voix de Bjork m’a donné la sensation que mon cœur s’effilochait réellement.

Bachelorette est un putain de magnifique cri qui donne l’impression que sa voix peut tout briser, tout dévaster sur son passage. Quelque part c’est un peu mon cri.

All Neon Like est à la fois glacial et lumineux « Glow in the dark threads like a neon ».

Alarm Call est cette pop joyeuse qui donne de l’espoir et qui donne envie de chanter pour faire disparaitre la souffrance.

Pluto, est un ovni dans l’ovni ou une bombe qui nous fait effectivement exploser, à chaque fois que je l’écoute j’ai l’impression d’être dans une grosse rave où je serai une pile électrique duracell.

All Is Full All Love, c’est un peu le calme après la tempête, la chaleur après le froid, une chanson remplie d’amour qui vient envelopper cet album.



J’aime particulièrement cet album parce que quand elle dit « I feel emotional landscapes, they puzzles me, confuse » c’est exactement ça que j’ai ressenti ici, tout un tas de paysages émotionnels différents. Je trouve que cet album est unique, personnel et intime. Je trouve que Bjork a réussi à créer son propre univers qui n’est ni simplement de la pop, de l’électro ou un quelconque autre genre mais son propre genre à elle. Elle a su tirer parti de toutes ses connaissances musicales, de toutes ses influences, de la technique, elle a su puiser au plus profond d’elle même pour inventer une musique qui lui ressemble et je trouve ça beau. Au-delà du simple fait que j’ai surement été attirée vers elle au lycée parce que j’avais besoin d’originalité, je dirai aujourd’hui que je crois aussi que si un jour je devais être une artiste j’aimerai lui ressembler, moi aussi pouvoir expérimenter , me foutre de l’avis des gens, me foutre de cette notion de case dans laquelle il faut souvent rentrer, juste rester vrai, sincère et fidèle à moi-même dans ce que je fais musicalement et réaliser une œuvre qui est moi.

Je finirai sur ces paroles:

You can't say no to hope, can't say no to happiness

I want to go on a mountain-top
with a radio and good batteries
play a joyous tune
and free the human race from suffering”

www.youtube.com/watch?v=x5nNfbTS6N4

Article écrit pour le blog de Nessie, voici le lien où tu trouveras également les autres "Un Album/Une Histoire
freaksandgigs.blogspot.fr/search/label/Un%20album%20une%20histoire