Pendant que Cannes se fait une toile, Monaco vit à cent à l’heure. Depuis hier et jusqu’à dimanche, les cœurs battent au rythme de la Formule 1. Le Rocher est en effervescence.

A peine sortis de la gare de Monaco-Monte Carlo, les amateurs de sport automobile s’immergent dans l’ambiance. Soleil, vrombissements de moteurs en fond sonore et vapeurs d’essence dans l’air. Sacré  comité d’accueil !

La foule se dirige calmement vers le centre ville. Sur le parcours, les stands de produits dérivés fleurissent. 15 euros pour les casquettes, 35 euros les tee-shirts. La passion n’a pas de prix. Patrick, vendeur, semble confiant : « il semblerait qu’il y ait du monde cette année. On est à peine vendredi et on n’a pas une minute pour souffler ! Le gros de la clientèle est constitué de touristes. Ils sont ici en vacances. Du coup, ils veulent tous un souvenir ! Tant mieux ! ».

Il est vrai que trouver un « autochtone » est une tâche extrêmement ardue ce week-end.  Espagnols, Anglais, Allemands : toute l’Europe s’est donné rendez-vous sur le Rocher. Casquettes, tee-shirts, drapeaux, chaque amateur affiche clairement ses préférences pour telle ou telle écurie. Parmi eux Esteban, un Espagnol d’une trentaine d’années. Son fin visage s’anime et ses yeux marron pétillent dès qu’on lui parle de Formule 1. Et ses pronostics révèlent  une partialité évidente : « Le meilleur c’est Alonso. Il a déjà gagné l’an dernier, il gagnera encore cette année. Pour moi, cela ne fait aucun doute ! ».

« Rouge mécanique »

Monaco n’est qu’à quelques kilomètres de la frontière italienne et cela se sent. Ici, on roule pour Ferrari. Les tifosi italiens sont venus en masse. Ferrari joue à domicile à Monaco. Devant chaque magasin, à la terrasse de chaque bar, sur les balcons, les drapeaux frappés du célèbre cheval cabré flotte.

 En attendant de voir les célèbres voitures rouges sur la piste, les supporters se pressent à l’entrée d’une concession de la fameuse marque italienne. Ils tournent autour des modèles exposés, les effleurent du bout des doigts. Dans leurs yeux, une petite lueur d’envie. Ils se mettent à rêver au jour où ils pourront eux aussi s’installer au volant de ces bolides.

Sur la piste, le Grand Prix GP2, la « Ligue 2 » de la F1, se termine. Le speaker s’égosille au micro. Il n’en faut pas plus pour réveiller la ferveur de certains. Un autre groupe se met à chanter à la gloire de Ferrari, de Kimi Raïkkonen  et Felipe Massa, les deux pilotes de l’écurie.

C’est Guillaume Durand, dans le studio Europe 1 placé quasiment au bord du circuit, qui a pris le relais dans les haut-parleurs.  Il évoque les grandes heures du Grand Prix, les duels Senna-Prost, les performances de Jean Alesi… Le public massé dans les tribunes se délecte des images d’archive diffusées sur écran géant.

 

 

 

Les Monégasques supportent

Et les Monégasques dans tout ça ? Et bien, ils prennent leur mal en patience. Yannick, facteur, exprime sa lassitude : « Tous les ans c’est la même chose. Ils ferment les trois-quarts du centre ville pour ouvrir le circuit. C’est très compliqué de continuer à travailler pendant le Grand Prix ! ».

Les autorités locales, conscientes de la gène occasionnée, ont prévu la parade. Elles ont distribué à chaque Monégasque un laissez-passer afin de faciliter les déplacements. Et en cas de problème, un policier municipal est posté à chaque coin de rue.

Pour les plus réfractaires, il reste la patience. Dimanche à 19 heures, la principauté retrouvera son calme.

Benjamin Cymbalista

M1/C

Des places à prix d’or 

Il reste encore des places pour les essais de samedi. Il vous faudra débourser entre 130 et 220 euros. La journée de dimanche quasiment complet. Si votre banquier vous le permet, sachez qu’il vous faudra compter pas moins de 450 euros.